Le comte de Flavigny, (c) RMNDiplomate, conseiller général d'Indre-et-Loire, président du conseil général d'Indre-et-Loire, pair de France, député.
Né à Vienne (Autriche) le 3 décembre 1799, mort à Monnaie (Indre-et-Loire) le 9 octobre 1873.

D'une très ancienne famille de la noblesse picarde, Maurice Adolphe Charles naît à Vienne où son père, émigré depuis le début de la Révolution, lieutenant-colonel de l'armée de Condé, a fini par s'installer à titre provisoire. Par sa mère, Elisabeth von Bethmann, il est le petit-fils d'un banquier de Francfort.
Après ses études au lycée Bonaparte-Bourbon, il entre dans la diplomatie. Attaché aux légations de Berlin puis de Copenhague, secrétaire d'ambassade à Madrid, à Lisbonne et enfin à Londres, il reçoit la Légion d'honneur en 1823. Nommé sous-directeur des affaires politiques au ministère en juillet 1829, il se retire sur ses terres situées en Indre-et-Loire en 1830, anime le comice agricole de Chinon et devient conseiller général du département en 1833. Rallié à Louis-Philippe, il préside ce conseil à partir de 1840 et fait son entrée à la Chambre des pairs en 1841. Il s'y montre très actif et y soutient la politique de Guizot. Il prend du recul en 1848 mais se présente l'année suivante aux élections à la Législative. Élu par son département, il siège à droite et se rallie à Louis-Napoléon Bonaparte.
Retenu par le gouvernement comme candidat officiel pour les élections législatives de 1852 dans la deuxième circonscription d'Indre-et-Loire, il est élu sans aucune difficulté et est réélu dans les mêmes conditions en 1857. Très actif, il participe à de nombreuses commissions comme celle du budget en 1852, en 1858, en 1859 et de 1861 à 1863 ou celle du contingent en 1853. S'il siège dans la majorité, il fait dès l'origine partie de sa fraction la plus indépendante et la plus frondeuse. C'est ainsi que le 25 juin 1852, à l'occasion du traité de commerce avec la Sardaigne, il demande que l'on consulte la Chambre car "elle ne peut abandonner son droit de contrôle sans compromettre sa dignité, et pour ainsi dire son existence même". Il devient l'un des chefs du "groupe des budgétaires". Le 3 avril 1854, il s'oppose aux poursuites contre Montalembert. Selon lui, on ne peut remettre en doute la parole de cette illustration nationale sans menacer la dignité du Corps législatif et sans humilier la conscience publique. Il vote contre la loi de sûreté générale en février 1858. En 1860, il défend la liberté électorale à l'occasion d'une élection contesté et critique le traité commercial avec l'Angleterre. Il est l'un des quatre députés qui votent contre le tarif sur les laines, cotons et autres matières premières. Surtout, lorsque la politique impériale semble remettre en cause le pouvoir temporel du Pape, il devient l'un des chefs du parti clérical. Il prononce un discours en ce sens le 11 mars 1861. Le 22 mars, il fait partie des "91" et même des treize députés qui votent contre l'adresse. Il perd naturellement l'investiture officielle et est battu aux élections législatives de 1863 et à celles de 1869 par Arthur de Quinemont. Il transforme son salon en foyer d'opposition orléaniste modérée. Il fait tout de même partie, en 1870, de la commission extra-parlementaire de décentralisation administrative.
Pendant la guerre contre la Prusse, il organise et préside la Société internationale de secours aux blessés des armées de terre et de mer. Par désintéressement, il refuse la croix de commandeur de la Légion d'honneur que lui propose Thiers et meurt dans son château de Mortier à Monnaie.
Officier de la Légion d'honneur depuis octobre 1847, il était commandeur de plusieurs ordres étrangers dont celui de Charles III d'Espagne et celui de la Conception du Portugal. Il avait épousé en juillet 1830, Mathilde de Montesquiou-Fezensac, petite-fille de Clarke, ministre et maréchal, fille d'un pair de France et apparentée à de nombreux autres parlementaires. Cette dernière, femme d'une grande piété, a laissé deux livres qui ont connu un immense succès, le Livre de l'enfance chrétienne et le Recueil de prières, de méditations et de lectures. Elle avait donné quatre enfants au comte de Flavigny dont Elisabeth, dame d'honneur de l'impératrice Eugénie, mariée au marquis de La Grange, écuyer de l'Empereur et Emmanuel, préfet sous la Troisième République. La soeur du comte de Flavigny, la comtesse d'Agoult, plus connue sous son nom de plume, Daniel Stern, avait eut trois enfants avec le pianiste Franz Liszt dont Blandine, épouse d'Emile Ollivier et Cosima, mariée en secondes noces à Richard Wagner.

E. Anceau in Dictionnaire des députés du Second Empire, P.U.R., 1999.

Bibliographie :
Le comte de Flavigny. Notice nécrologique, ..., Tours, Imp. de Bouserez, 1873.

Iconographie : (c) Réunion des Musées Nationaux.