andelarre.jpgMagistrat, maître de forges et agriculteur, maire, conseiller général, député.
Né à Dijon (Côte-d'Or) le 25 octobre 1803, mort en son château d'Andelarre (Haute-Saône), le 25 novembre 1885.

Appartenant à une famille franc-comtoise anoblie au XVIe siècle, Jean François Jules Jaquot-Rouhier est le fils du marquis d'Andelarre (1755-1846), un légitimiste convaincu qui a émigré et servi dans l'armée de Condé. S'il est rentré en France dès le Consulat, son père a attendu la Restauration pour devenir inspecteur général des gardes nationales de la Côte-d'Or et accepter le mandat de maire d'Andelarre. La mère de Jules, Claudine Bernarde Agathe de Berbis-Longecour (1769-1820) est une fervente catholique, auteur d'un livre de piété qui connaît un grand nombre d'éditions au XIXe siècle. Jules d'Andelarre va professer durant toute sa vie des idées monarchistes et catholiques.
Il sert d'abord dans la garde de Louis XVIII avant de faire son droit. Nommé en 1829 substitut du procureur royal de Dijon, il démissionne lorsque Charles X est renversé et se fixe à Andelarre. Maître de forges et agriculteur, il préside le comice agricole de Vesoul et la Société départementale d'agriculture.
En 1831, il succède à son père comme maire d'Andelarre et en 1837 entre au conseil général de la Haute-Saône où il siège plus de trente ans et dont il est le secrétaire au début du Second Empire. Il échoue à la députation en 1846 puis à nouveau lors de l'élection à la Législative, mais, rallié au coup d'Etat du 2 Décembre, il est élu en 1852 comme candidat officiel dans la première circonscription de la Haute-Saône. Le marquis qui est l'homme le plus petit de la Chambre ne passe pourtant pas inaperçu. Dès cette première législature, il est l'un des orateurs les plus actifs et l'un des rares députés à ne pas accorder systématiquement sa voix aux projets gouvernementaux. En 1857, il perd l'appui officiel mais est réélu très facilement. Il dépose deux amendements au projet de loi dit "de sûreté générale" et fait remarquer que cette loi "étend ses menaces jusqu'aux propos échangés autour du foyer", "elle crée un nouveau genre de délit, le délit de conversation". Il vote contre avec vingt-trois de ses collègues. Favorable au pouvoir temporel du pape, il fait partie des "91". En 1863 le ministère lui suscite un concurrent, mais cela ne l'empêche pas d'être à nouveau réélu. Il présente des amendements contre les abus de la candidature officielle et la poursuite de l'expédition au Mexique en 1864 ou encore sur le projet de loi sur la presse de 1868. Membre des "84" puis des "42", il est l'une des grandes personnalités du tiers parti puis, après sa réélection en 1869 au cours de laquelle le gouvernement a fait preuve de neutralité, il signe la "demande d'interpellation des 116" et adhère au centre gauche dont il devient l'un des chefs. Son activité en séance et ses responsabilités ne lui font pas négliger pour autant le travail des commissions. Il figure même parmi les parlementaires qui s'investissent le plus dans cette tâche. Il est par exemple six fois membre de la commission du contingent, la préside une fois et en fait trois fois le rapport ; il entre dans la commission du budget en 1857,... On le retrouve aussi en 1870 dans la commission extra-parlementaire de décentralisation administrative.
Élu représentant de la Haute-Saône en février 1871 comme candidat conservateur, il adhère au centre droit et à la réunion des Réservoirs. Dans une brochure parue en 1873 : Les Principes de la Révolution française et le programme de 1789, il prône le rétablissement de la monarchie en soutenant de façon quelque peu paradoxale que ce régime serait le meilleur garant des principes de la Révolution. Il ne réussit pas à se faire élire sénateur inamovible en 1875 et échoue aux législatives de 1876. Il se retire alors de la politique active.
Il avait épousé en 1831 Claire Briot de Montrémy (1815-1894), soeur de son futur collègue du même nom, lui-même marié avec sa soeur, Caroline Françoise. Chevalier de la Légion d'honneur en 1842, Jules d'Andelarre avait été promu officier en 1869. Il était également chevalier de Saint-Louis et commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand.

E. Anceau, Dictionnaire des Députés du Second Empire. P.U.R., 1999.

Bibliographie :
- de Beauséjour et Reboul de Neyrol, M. le marquis d'Andelarre
- Jeanneney B., Tentative de rénovation rurale sous le Second Empire : la ferme d'Andelarre en HAute-Saône, thèse de Paris I, 1972.

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