arjuzon.jpgConseiller général de l'Eure, député, chambellan de l'Empereur.
Né à Paris le 27 avril 1800, mort à Paris le 24 septembre 1874.

D'une ancienne famille noble originaire des environs d'Arjuzanx, Félix Jean François Thomas est le fils de Gabriel d'Arjuzon (1761-1851), premier chambellan de Louis Bonaparte, roi de Hollande, comte d'Empire, pair des Cent-Jours et de la Restauration, grand-officier de l'ordre de la Réunion, de celui de la Couronne de Hollande et du mérite civil de Bavière et officier de la Légion d'honneur. Grâce aux relations que son père continue à entretenir avec Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais, il devient très tôt l'ami de Louis-Napoléon. Gentilhomme de la Chambre du roi à la fin de la Restauration, il refuse de succéder à son père démissionnaire de la pairie peu après l'avènement de Louis-Philippe. Sous la monarchie de Juillet, il se contente d'exercer le mandat de conseiller général de l'Eure, département dans lequel il possède de vastes propriétés. Très riche (il est un gros actionnaire de la Banque de France), il vit de ses rentes.
Partisan du prince-président, il devient le candidat officiel du gouvernement dans la troisième circonscription de l'Eure aux élections législatives de 1852. Facilement élu, Félix d'Arjuzon conserve la confiance des électeurs en 1857, en 1863 et en 1869. Très effacé, il siège fidèlement dans la majorité comme dans celle du conseil général de son département. Devenu chambellan de l'Empereur en janvier 1853, il rapporte aux Tuileries le détail du déroulement des séances du Palais-Bourbon, ce qui explique que de nombreux députés, y compris parmi les partisans du régime, le tiennent en suspicion. En janvier 1861, il devient chambellan honoraire et est remplacé à la Cour par le deuxième de ses quatre fils, Georges, ancien lieutenant d'infanterie pendant la campagne de Crimée.
Officier de la Légion d'honneur, de Léopold de Belgique, de l'ordre royal de Wurtemberg et de Saint-Grégoire-le-Grand, Félix d'Arjuzon se retire de la vie politique à la chute du Second Empire.
En 1826, il avait épousé Isabelle Reiset (1808-1849), fille d'un ancien receveur général des finances nommé régent de la Banque de France. Par ce mariage, il devenait le beau-frère du général baron de Beurnonville, pair de France mais aussi de Jules Reiset, son futur collègue au Corps législatif. Remarié avec Clara Flandin en avril 1862, il entrait ainsi dans une autre famille parlementaire, celle de Louis-Hugues Flandin, ancien représentant de Seine-et-Oise à la Constituante et à la Législative et conseiller d'Etat du Second Empire, du fils de celui-ci, Anatole, député bonapartiste du Calvados de 1876 à 1881 et du petit-fils, Ernest, député du Calvados de 1902 à 1932.

E. Anceau, Dictionnaire des Députés du Second Empire. P.U.R., 1999.

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