bussiere.jpgAdministrateur de sociétés, député, conseiller général.
Né à Strasbourg (Bas-Rhin) le 14 juin 1804, mort à Paris le 8 avril 1887.

Alfred Renouard baron de Bussière travaille à partir de 1822 au sein de la banque et de la maison de commerce strasbourgeoises que dirigent conjointement sa grand-mère maternelle et son père. En 1827, il prend la succession de son père qui se retire sur ses terres. Il est très actif et organise une société de transport de marchandises par chemin de fer et de services de bateaux à vapeur sur le Rhin. Il devient directeur de la Monnaie de Strasbourg. Il dirige les établissements métallurgiques de Graffenstaden et préside la société de filature et de tissage mécaniques du Bas-Rhin. Il s'occupe également d'une ferme-modèle près de son château de La Robertsau. Il est membre de la chambre de commerce de Strasbourg de 1832 à 1852, président du tribunal de commerce de 1850 à 1854. Il sera aussi administrateur de la Banque de France à Strasbourg, de la Compagnie des Chemins de Fer de l'Est, de la Société Générale de Crédit mobilier des Pereire et directeur de la Monnaie de Paris à partir de 1861. Il est élu député du Bas-Rhin en 1845 et réélu en 1846. Il siège également au conseil général à partir de 1845. Il n'est pas élu sous la République. Rallié à Louis-Napoléon Bonaparte, il est appelé au sein de la Commission consultative après le coup d'État. Il est conseiller général du Bas-Rhin et conseiller municipal de Strasbourg sans interruption de 1852 à 1870.
Patron paternaliste et philanthrope, il est élu avec le soutien du gouvernement en 1852 dans la première circonscription de son département. Il est réélu en 1857 et 1863 et démissionne le 16 mars 1866 suite à une campagne de presse du Courrier du Bas-Rhin qui lui reproche de ne pas tenir ses promesses de soutenir la libéralisation du régime. Il est réélu facilement le 15 avril suivant. Il est encore élu en 1869. Député assez actif, il participe aux commissions du budget de 1852, 1853 et 1865. Lors de la dernière législature, il signe la "demande d'interpellation des 116" et adhère au programme du centre droit.
Pendant la guerre, il est arrêté par les Allemands en son château de La Robertsau et détenu prisonnier d'août à octobre 1870. Après l'Empire, il devient membre de la Société internationale de secours aux blessés. A partir de 1872, il préside la Société alsacienne de construction mécanique. Il continue de diriger la Monnaie de Paris jusqu'en 1880.
Il était officier de la Légion d'honneur depuis 1858, commandeur de Sainte-Anne, des Saints-Maurice-et-Lazare, du Lion de Zaehringen, de Philippe-le-Magnanime, etc. Protestant, il avait été l'un des membres les plus influents du consistoire supérieur de la confession d'Augsbourg de 1852 à 1869.
Il avait épousé Louise Sophie Mélanie de Coehorn, fille d'un général et sœur d'un député du second Empire. Sa fille Mélanie, mariée au comte de Pourtalès, a été dame d'honneur de l'impératrice Eugénie. Elle a permis au baron de Bussière d'être reçu fréquemment aux Tuileries sous l'Empire.

Source : E. Anceau, Dictionnaire des Députés du Second Empire. P.U.R., 1999.

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