arman.jpgConstructeur de navires, conseiller général et député de la Gironde.
Né à Bordeaux (Gironde) le 23 novembre 1811, mort à Bordeaux, le 7 octobre 1873.

Jean Lucien Arman est le petit-fils d'un médecin de Bazas et le fils d'un négociant bordelais, propriétaire de vignobles. Il est apparenté au consul Roger-Ducos et au neveu de celui-ci, Théodore Ducos, député de la monarchie de Juillet, représentant sous la Deuxième République, ministre de la Marine et des Colonies et sénateur du Second Empire. Après être passé par le collège de Sorèze, Lucien Arman entreprend des études de mathématiques qui lui permettent d'obtenir un diplôme de constructeur. Associé à son oncle maternel, Gustave Courau, dans l'entreprise familiale de construction de navires, il développe ses chantiers et étend ses activités à la Corse et à Rouen. Pionnier de la construction des grands bâtiments métalliques à vapeur, il reçoit d'importantes commandes de l'Etat : le Louis-Napoléon,... Il est décoré de la Légion d'honneur des mains du président en octobre 1852 (il sera promu commandeur en avril 1864) et ses chantiers reçoivent une grande médaille d'honneur à l'Exposition universelle de 1855.
Proche du pouvoir, patron philanthrope, membre de la Chambre de commerce de Bordeaux et de la Chambre consultative d'agriculture (il s'adonne à des recherches agronomiques dans ses propriétés), conseiller municipal de Bordeaux et conseiller général de la Gironde, il est retenu sans surprise comme candidat officiel pour les élections législatives de 1857 dans la cinquième circonscription de son département. Il est facilement élu contre le candidat sortant, J. David, abandonné par le gouvernement et est réélu en 1863 au cours d'une élection beaucoup plus disputée et contestée contre le duc Decazes. Spécialiste des questions commerciales et maritimes, il intervient souvent sur le sujet et participe à de nombreuses commissions (celle du budget en 1861 et en 1867, celle de février 1864 sur les coalitions,...), tout en votant très régulièrement avec la majorité. Malheureusement pour lui, au cours de cette législature, de grosses commandes de la Prusse n'aboutissent pas et son entreprise fait faillite. Le 15 janvier 1869, il est contraint de démissionner du Corps législatif et cet épisode marque la fin de sa carrière politique.
Il fonde alors la Société des guanos de Mejilliones en Bolivie dont le siège se trouve à son domicile parisien. En 1859, il était entré à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux. Mécène, il accueillait des artistes et des écrivains dont le jeune Anatole France dans sa propriété de Capian. Son arrière-petite-fille a épousé André Maurois de l'Académie française.

E. Anceau, Dictionnaire des Députés du Second Empire. P.U.R., 1999.

Bibliographie :
Courau H., Courau, histoire, portraits de famille,..., dactyl., chez l'auteur.

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