bancel_bacard.jpgAvocat, député.
Né à La Mastre (Ardèche), le 12 février 1822, mort à La Mastre le 23 janvier 1871.

D'une famille d'hommes de loi du Vivarais remontant au XVIème siècle, Jean Baptiste François Désiré Bancel est le fils unique de Sylvestre, avocat réputé de Valence, bâtonnier de l'ordre et conseiller général de l'Ardèche pendant vingt ans et de Virginie Fustier, fille d'un notaire de La Mastre, surnommée en raison de sa beauté "la rose des montagnes". Élève brillant du lycée de Tournon, il étudie le droit à Grenoble puis à Paris avant de s'inscrire au barreau de Valence. Ardent républicain, il participe à la révolution de Février 1848. Il soutient la candidature de Cavaignac lors de l'élection présidentielle. En 1849, il est élu par la Drôme à la Législative et siège parmi les Montagnards.
Il proteste contre le 2 Décembre et se retrouve même sur les barricades le 4. Exilé par décret du 9 janvier 1852, il s'installe en Belgique et y reste jusqu'à l'amnistie. Il y enseigne d'abord dans des pensionnats de jeunes filles puis donne une série de quinze lectures sur la littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles à l'Université libre de Bruxelles. Il fait des tournées à travers le pays pour y propager les idées démocratiques et la libre-pensée. Il collabore également à la Libre Recherche, fondée en 1855 par Pascal Duprat. Revenu en France, il continue à faire des conférences littéraires qui lui permettent de contourner la loi et d'aborder indirectement la politique.
En 1864, Bancel se présente aux élections législatives complémentaires de la Seine, mais il ne parvient pas à se faire élire. Il est plus heureux en 1869. Candidat dans la première circonscription de la Drôme, dans la deuxième du Rhône et dans la troisième de la Seine, il mène des campagnes très dynamiques mais aussi houleuses, en particulier à Paris contre Ollivier. Ses partisans perturbent une réunion électorale de son compétiteur au théâtre du Châtelet. S'il est battu à Valence, il est élu à la fois dans le Rhône et dans la Seine. Il opte pour le Rhône ce qui permet à Crémieux d'être nommé à Paris. Membre de la gauche fermée, il se montre discret et ceci d'autant plus que son état de santé se dégrade rapidement. Tombé gravement malade le 12 janvier 1870, il doit finalement renoncer à siéger.
C'est depuis la Drôme qu'il suit la chute du régime et l'installation au pouvoir de ses amis républicains. Il décède chez son ami Seignobos. Bancel qui était célibataire faisait partie du Grand-Orient de France. Il avait été initié aux Zélés Philanthropes de l'Orient de Bruxelles pendant son exil.

E. Anceau, Dictionnaire des Députés du Second Empire. P.U.R., 1999.

Bibliographie :
- Faure M., Discours à l'inauguration du monument élevé à Bancel à Valence, 1897
- Malizard A., Bancel, représentant du peuple. Recherches sur sa vie politique et son oeuvre littéraire, Valence, 1897
- Monin H., Bancel, représentant de la Drôme, ... d'après ses lettres inédites, Paris, E. Cornély et Cie, 1911.

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