arago.JPGAvocat, représentant à la Constituante, diplomate, député, sénateur.
Né à Paris le 6 août 1812, mort à Paris le 26 novembre 1896.

François Emmanuel Arago est le fils aîné du célèbre savant François Arago (1786-1853) originaire d'Estagel dans les Pyrénées-Orientales, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, député d'extrême gauche sous la monarchie de Juillet, membre du gouvernement provisoire en 1848 puis président de la Commission exécutive, représentant à la Constituante puis à la Législative. Son oncle Etienne Arago (1802-1892), représentant montagnard à la Constituante, maire de Paris suite au 4 septembre 1870, représentant pendant dix jours en 1871, exerce aussi une profonde influence sur lui.
Comme ce dernier Emmanuel écrit dès ses jeunes années poésies et vaudevilles. Licencié en droit en 1836, il s'inscrit au barreau de Paris et entre à trente-quatre ans au conseil de l'ordre. Il se rend rapidement célèbre en plaidant dans des affaires retentissantes : défense de Martin Bernard et de Barbès devant la Chambre des pairs en 1839, ... Son rôle actif dans la révolution de Février 1848 lui permet d'être nommé commissaire général de la République dans le Rhône et d'être élu à la Constituante par les Pyrénées-Orientales. Envoyé à Berlin comme ministre plénipotentiaire dès le 25 mai, il participe peu aux débats et préfère démissionner après l'élection présidentielle dont le résultat ne le satisfait pas. En 1849, il est élu à la Législative par son département et y vote avec la Montagne.
Resté prudemment en retrait lors du coup d'Etat du 2 Décembre et dans les semaines qui suivent, il n'est pas inquiété. Il retourne au barreau. Ténor du barreau, Arago est l'avocat des grandes causes républicaines sous l'Empire. Il plaide en faveur d'Hérisson dans le procès des Treize, obtient les circonstances atténuantes pour Berezowski qui a tiré sur le tsar lors de l'exposition universelle de 1867 et, avec Gambetta, défend le journal de Delescluzes dans l'affaire de la souscription Baudin.
Alors qu'il a été battu aux élections générales de 1857 en Haute-Garonne et dans les Pyrénées-Orientales et à celles de 1869 dans ce dernier département et dans le Var, il parvient à se faire élire au Corps législatif, à l'occasion d'une élection partielle, le 22 novembre 1869, dans la huitième circonscription de la Seine. Membre de la gauche fermée, il refuse tout compromis avec l'Empire, s'oppose dans plusieurs discours à Ollivier, combat le plébiscite de 1870 et la guerre contre la Prusse (il est l'un des dix députés à refuser les crédits nécessaires au gouvernement).
Le 4 Septembre, il entre dans le Gouvernement provisoire sans attribution précise et finit par exercer l'intérim de la Justice puis celui de l'Intérieur. Élu en 1871 par les Pyrénées-Orientales à l'Assemblée Nationale, il y préside la Gauche républicaine, avant de représenter son département au Sénat à partir du 30 janvier 1876. Il siège dans cette assemblée jusqu'à sa mort et s'y montre actif alors qu'il est pourtant parallèlement ambassadeur de France à Berne. Son nom est mis en avant lors de l'élection présidentielle de janvier 1895 mais il refuse de se présenter. A sa mort, Arago, franc-maçon initié en avril 1870 et devenu, en 1878, lieutenant Grand Commandeur du Suprême Conseil du rite écossais, décide de se faire enterrer civilement.
Il était marié à Lovely Faget de Renol qui lui a donné trois enfants dont François (1862-1937), diplomate, député des Alpes-Maritimes de 1903 à 1910 puis de 1914 à 1924, gendre de Jean Dupuy, sénateur des Hautes-Pyrénées et ministre, et beau-frère du député Pierre Dupuy et du sénateur Paul Dupuy.

E. Anceau, Dictionnaire des Députés du Second Empire. P.U.R., 1999.