ancel.jpgArmateur, maire du Havre, conseiller général, député, président du conseil général de la Seine-Inférieure, sénateur.
Né au Havre (Seine-Inférieure) le 16 octobre 1812, mort en son château de Gonfreville-l'Orcher (Seine-Inférieure) le 16 septembre 1905.

C'est au Havre où la famille Ancel composée d'armateurs et de négociants est installée depuis la fondation du port par François Ier et où elle occupe régulièrement depuis le XVIIe siècle des fonctions municipales, que naît Daniel Edouard Jules. Son père, Daniel, l'envoie étudier au collège Stanislas. De retour en Normandie, le jeune homme entre dans la société familiale et devient vite l'un des armateurs les plus importants de la ville. C'est en tant que tel qu'il préside la chambre et le tribunal de commerce et qu'il est appelé à siéger au conseil supérieur du commerce, de l'agriculture et de l'industrie.
Il se lance en politique sous la Deuxième République. Premier adjoint au maire du Havre, il devient rapidement maire de la ville et entre au conseil général, fonctions qu'il exerce aussi sous l'Empire. Porté sur la liste du comité de la rue de Poitiers en 1849, il est élu par son département à la Législative où il siège à droite.
Retenu comme candidat officiel pour la sixième circonscription de la Seine-Inférieure en 1852, il est élu contre le général Lamoricière puis est réélu en 1857, également avec l'appui du gouvernement. Membre de la majorité, il sait pourtant faire preuve d'indépendance (il refuse par exemple les poursuites contre Montalembert en 1854 et vote contre la loi de sûreté générale en 1858). Actif (il est secrétaire de la commission du budget en 1852, rapporteur du projet de loi sur les ventes publiques de marchandises en gros en 1858,...), il ne peut cependant être considéré comme l'une des grandes figures de la Chambre jusqu'à la discussion de l'adresse de 1861. Au cours de cette discussion, il est l'un des premiers à demander que l'on retranche du texte de l'adresse les mots offensant pour le pape. L'amendement qui résulte de cette demande obtient 91 voix dont la sienne. Spécialiste des affaires maritimes, il reproche à ce même projet d'adresse de négliger totalement la marine et il s'oppose à ce que l'on déclare les ressources de la France "inépuisables". Il perd l'appui du gouvernement pour les élections de 1863 mais parvient à se faire réélire au second tour de scrutin. En 1864, il propose un amendement à l'adresse réclamant la fin es abus de la candidature officielle et un autre pour que l'on renonce à poursuivre l'expédition du Mexique. Par la suite, on le compte au nombre des "84" puis des "42". Au renouvellement de 1869, bien que soutenu discrètement par l'administration, il est battu par l'opposant Le Cesne. On le retrouve cependant en 1870 dans la commission extra-parlementaire de décentralisation administrative.
Président du conseil général de la Seine-Inférieure à partir de 1871, il est élu par son département représentant à l'Assemblée Nationale. Il s'inscrit au centre droit et à la réunion des Réservoirs, repousse l'amendement Wallon et les lois constitutionnelles et se montre très actif par exemple en rapportant plusieurs budgets. Élu sénateur de la Seine-Inférieure en 1876 puis à nouveau en 1882, il échoue au renouvellement de 1891 et se retire alors de la politique.
Jules Ancel était chevalier de la Légion d'honneur et des Saints-Maurice-et-Lazare et commandeur de l'ordre de Pie IX.
Ayant perdu sa première épouse, née Marie Louise Le Prévost de Tournion, il s'était remarié avec la veuve du vice-amiral Charles Jaurès, née Louise Marie Baptistine Pierrugues de Beaujour. Son fils, Raoul, a siégé au Sénat de 1909 à sa mort en 1911 et son petit-fils, Georges, a représenté la Seine-Inférieure à la Chambre des Députés de 1912 à 1928. Quant au neveu de Jules, Albert, il a également fait partie de la Chambre des Députés entre 1876 et 1885.

E. Anceau, Dictionnaire des Députés du Second Empire. P.U.R., 1999.

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