darbois2.jpgHomme d’église, évêque de Nancy, archevêque de Paris, grand aumônier de l’Empereur.
Né à Faÿl-Billot (Haute-Marne) le 16 janvier 1813, mort à Paris le 24 mai 1871.

Georges Darboy entre au petit séminaire de Langres en 1827 puis au grand séminaire en 1831 et est ordonné prêtre en 1836.
Il est nommé vicaire de Notre-Dame à Saint-Dizier en 1836 puis professeur au grand séminaire de Langres en 1838. En 1845, il rejoint monseigneur Affre à Paris ; il est d’abord prêtre auxiliaire à l’Ecole des Carmes puis second aumônier du collège Henri-IV. Il est ensuite élevé au poste de chanoine à Notre-Dame, de vicaire général et d’archidiacre de Saint-Denis.
D’opinions républicaines, il accueille favorablement la révolution de 1848. Il est chargé par monseigneur Sibour de fonder Le Moniteur catholique en 1850. Monseigneur Sibour le fait entrer dans son conseil en 1853. Il accompagne ce dernier lors de sa visite ad limina à Rome en 1854, et est nommé protonotaire apostolique. En 1855, il devient vicaire général en titre, fonction qu’il conserve sous l’épiscopat de monseigneur Morlot. Soutenu par ce dernier ainsi que par le milieux néogallicans du groupe Maret, il est nommé évêque de Nancy le 16 août 1859. Dans son diocèse, il s’intéressera spécialement aux questions d’éducation, créera l’école Saint-Léopold, agrandira le grand séminaire et écrira sa lettre Sur la nécessité de l’étude en 1862. Il rétablit également la liturgie romaine conformément aux vœux de son prédécesseur, mais reste méfiant à l’égard de la centralisation romaine, allant jusqu’à refuser de se rendre à Rome en 1862 pour ne pas sembler désapprouver la politique italienne de Napoléon III.
Son soutien à l’Empire lui vaut, dans un premier temps, sa nomination au Conseil impérial de l’instruction publique en 1860, puis sa promotion, mal accueillie par le Saint-Siège, à l’archevêché de Paris le 10 janvier 1863. Il est peu après nommé grand aumônier de l’Empire puis sénateur en 1864, où il défend les libertés accordées par le régime et les articles organiques. Monseigneur Darboy est un prélat instruit, consciencieux et respecté, mais moins indépendant que monseigneur Affre, manquant de la compétence administrative de Sibour et de l’affabilité du cardinal Morlot. Cependant, avec l’aide d’hommes tel que Buquet, Isoard, Langénieux, Meignan et Foulon, il donna une impulsion nouvelle à l’administration que, dans sa vieillesse, son prédécesseur avait quelque peu négligée.
Ses doctrines gallicanes lui valent une lettre de réprobation de la part du pape, destinée à rester secrète, mais qui fut publiée par erreur en 1867, ce qui accentuera les tensions entre Pie IX et Darboy. Cette lettre lui rappelait les prérogatives du Saint-Siège, notamment en ce qui concerne l’exemption des réguliers, et lui reprochait sa présence aux obsèques du maréchal Magnan. En définitive, l’archevêque de Paris se voit reprocher son soutien sans faille à la politique italienne de l’Empereur ainsi que de sembler être le chef du parti néogallican. Cela lui vaudra de ne jamais recevoir le chapeau de cardinal. L’opposition se cristallise au moment du concile du Vatican. Darboy y est l’un des principaux animateurs de la minorité hostile à la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale. Il va jusqu’à demander au gouvernement français d’intervenir auprès du pape pour que cette question ne soit pas discutée au concile. Il quittera Rome avant le vote final du 18 juillet 1870 en exprimant des sentiments qu’il rétractera cependant plusieurs mois après la définition, quand il finit par y souscrire.
Pendant le siège de Paris, Darboy se conduit comme un vrai pasteur et gagne l’admiration de tous. Arrêté le 4 avril 1871 sur l’ordre de la Commune de Paris, il est enfermé à la prison de Mazas. Tous les efforts de ses amis ne parviennent pas à le sauver, le gouvernement versaillais ayant refusé toutes les propositions d’échange formulées par la Commune, notamment celle de Blanqui. Il fut exécuté comme otage pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871, à la Roquette et mourut en bénissant ses bourreaux. Après la Commune, des obsèques nationales furent célébrées pour lui et les autres otages.

Œuvres de Monseigneur Darboy :

- Œuvres de saint Denys l’Aréopagite, traduites du grec, Paris, 1845,
- Les Femmes de la Bible, Paris, 1846-1849,
- Les saintes femmes, Paris, 1850,
- Lettres à Combalot, Paris, 1851,
- Jérusalem et la Terre sainte, Paris, 1852,
- L’imitation de Jésus Christ, traduction nouvelle, Paris, 1852,
- Statistique religieuse du diocèse de Paris, Paris, 1856,
- Saint Thomas Becket, Paris, 1858.

Monseigneur Darboy collabora aussi au Correspondant (1847-1855) et fut directeur du Moniteur catholique (1850).

Bibliographie :

- J.-O. Boudon, « Une nomination épiscopale sous le Second Empire : l’abbé Darboy à l’assaut de Paris », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 39-3, 1992.
- J.-O. Boudon, Monseigneur Darboy (1813-1871) : Archevêque de Paris, Entre Pie IX et Napoléon III. Cerf, Août 2011. - Mgr J.-A. Foulon, Histoire de la vie et des œuvres de Mgr Darboy, 1889.
- J. Gadille, Georges Darboy, archevêque de Paris, Mélanges offerts à M. le doyen André Latreille, 1972.
- J. Maurain, La politique ecclésiastique du Second Empire de 1852 à 1869, 1930.