Vue générale de Plombières sous le Second Empire

En 1809, alors que Napoléon avait porté la guerre en Allemagne et qu'il allait triompher à Wagram, Joséphine s'était tout d'abord fixée à Strasbourg, tandis que Hortense s'était rendue aux eaux de Bade, emmenant avec elle ses deux fils, héritiers du trône, et cela sans avoir consulté l'Empereur. Napoléon, fort mécontent, écrivait le 28 mai à la reine : "Puisque vous êtes aux eaux de Bade, restez-y, mais une heure après avoir reçu la présente lettre, renvoyez mes deux neveux à Strasbourg auprès de l'Impératrice, ils ne doivent jamais sortir de France..." Hortense et ses fils rejoignirent aussitôt l'Impératrice à Strasbourg, et c'est alors que les deux souveraines convinrent de passer l'été à Plombières.
La population de Plombières fut toute heureuse de revoir les deux Majestés et s'empressa de fêter les petits princes, ne se doutant guère de la destinée qui attendait le plus jeune de ces enfants. L'aîné, Napoléon-Louis, alors âgé de cinq ans, devait mourir d'une manière restée encore mystérieuse, en 1831, au cours de l'insurrection des Romagnes. Le second, Charles-Louis-Napoléon, âgé seulement d'un an et quelques mois, devait connaître une existence encore plus aventureuse. Quarante-sept ans plus tard, nous le trouvons de nouveau à Plombières : il s'appelle alors l'empereur Napoléon III.

Les Bains Stanislas à Plombières, 1ère résidence de l'Empereur

1856, L'année bénie du second Empire. C'est, à l'intérieur, le calme enfin rétabli, le pays rassuré, le commerce et l'industrie renaissant, les grands travaux publics amorcés. Au dehors, c'est notre prestige restauré, l'étoile française obscurcie qui reprend son éclat. Et de plus un heureux évènement se produit aux Tuileries : la naissance du Prince impérial. L'avenir de la dynastie semblait ainsi assuré. C'est dans cette ambiance favorable, dans ce climat d'optimisme que l'on apprenait à la fin de mai de cette année 1856, que Napoléon III se proposait de faire une cure à Plombières.
En se rendant dans la station vosgienne, l'Empereur entendait continuer une tradition de famille. La reine Hortense, dans son exil au château d'Arenenberg, lui avait surtout parlé de ses séjours à Plombières, qu'elle plaçait parmi les meilleurs moments de sa vie. Puis le souverain souffrait de rhumatismes et ses médecins, notamment le Dr Mélier, lui recommandaient une cure thermale. Bientôt le colonel Lepic, premier maréchal des logis de la Maison de l'Empereur, arrivait à Plombières, afin d'organiser le logement de Sa Majesté et de sa suite. Il choisissait comme résidence impériale le charmant petit hôtel du XVIIIème siècle connu sous le nom de Maison des Dames, et de nos jours, sous celui de Bain Stanislas. Ancien pied-à-terre des Dames du célèbre chapitre de Remiremont, cette demeure avait déjà accueilli, dans le passé, maints hôtes de marque : en 1743, le cardinal de Rohan-Soubise ; en 1761 et 1762, Mmes Adélaïde et Victoire, filles de Louis XV ; en 1763 et les années suivantes, la princesse Christine de Saxe, soeur de la Dauphine ; en 1798, le directeur Reubell ; en 1802, l'ingénieur Fulton ; en 1807, le maréchal Ney ; en 1810, le comte de Flahaut, alors que Hortense logeait dans la maison d'en face. La demeure fut garnie d'un riche mobilier appartenant à la Couronne, et une salle de bain thermal fut disposée dans une des pièces du rez-de-chaussée.
La nouvelle de la prochaine arrivée de l'Empereur produisit à Plombières et même dans toutes les Vosges une émotion considérable. Les habitants pour manifester leur joie, leur enthousiasme, s'ingénièrent à trouver la manière la plus magnifique pour recevoir leur hôte.
Enfin, le grand jour arriva. L'Empereur quitta Paris le 1er juillet et emprunta le chemin de fer jusqu'à Nancy, où il arriva à 9 heures du soir ; après avoir passé la nuit dans la capitale lorraine, il continua son voyage le lendemain matin empruntant cette fois la route, et par Charmes, Epinal, Remiremont, ses équipages, fortement escortés, l'amenèrent à Plombières.
Dans la ville d'eau, les autorités, la population, les baigneurs, les gens des environs se sont massés sur la Promenade des Dames. Trois courriers successifs sont venus annoncer que le souverain serait là dans une heure, puis dans une demi-heure, enfin dans dix minutes. Il est cinq heures du soir, les cloches sonnent en volée, le canon tonne, la voiture impériale s'avance, l'Empereur en descend, le préfet fait les présentations d'usage. Le maire, Joseph Parisot, trop ému, ne peut prononcer une parole, le souverain est rayonnant et dit un mot aimable à chacun, tandis que l'immense ovation de la foule, qui crie sans cesse "Vive l'Empereur !", retentit jusqu'au fond de la vallée.
Napoléon est accompagné des généraux Espinasse, Fleury, de Béville, du prince de La Tour d'Auvergne, officier d'ordonnance, et de M. Mocquard, chef de son cabinet ; les Cent-Gardes et un bataillon du 30ème de ligne forment son escorte. Lorsqu'il pénètre dans la petite ville, c'est un véritable enchantement : le long des rues s'alignent des sapins reliés entre eux par des guirlandes de feuillage piquées de fleurs ; aux balcons, aux fenêtres, ce ne sont que drapeaux et banderoles tricolores, oriflammes vertes et blanches, festons de verdure, lanternes vénitiennes.
L'Empereur se rend à sa résidence, que déjà on appelle le "Palais" ; du perron il salue longuement la foule, puis il prend possession de ses appartements. Il sort peu de temps après et c'est pour faire sa première promenade qu'il consacre au souvenir des siens. Il se rend, en effet, dans la forêt au-dessus de Plombières, au Chêne de l'Impératrice, où, en 1809, Joséphine et Hortense participèrent à une charmante fête champêtre, à laquelle, on peut le supposer, il assista également bien que tout enfant.
Napoléon se familiarise très vite avec ce pays qui l'accueille avec un enthousiasme extraordinaire. Il visite les bains, la ville et ses environs immédiats. Il sollicite des vieilles gens leurs souvenirs sur les séjours de sa mère et de sa grand-mère. Le premier dimanche qui suit son arrivée, Plombières est envahi par des milliers de visiteurs qui, à tout prix, veulent apercevoir l'Empereur, et parmi ces visiteurs se trouvent des anciens vétérans des guerres de l'Empire, courbés par l'âge, vêtus de leurs vieux uniformes passés, usés, mais combien glorieux !
Les journaux du temps nous ont conservé des détails intéressants sur le séjour du souverain. Le Moniteur, d'inspiration officielle, souligne l'heureux effet des eaux et l'excellent état de santé de Sa Majesté. Il n'oublie pas de relater les acclamations des foules. Il nous apprend que l'Empereur a excursionné jusqu'au Ballon d'Alsace, et qu'il a reçu chez lui la société de Plombières. A cette réunion, qui s'est prolongée jusqu'à minuit, M. Vivier, le "célèbre artiste", a chanté et a joué du cor. En fin de cure, le souverain reçut la visite du maréchal Pélissier, alors commandant en chef de l'armée d'Orient.
Une feuille régionale, publiée à Mirecourt, La Presse vosgienne du 13 juillet 1856, ajoute quelques autres renseignements. Nous rapportons fidèlement son texte : "Sa Majesté a pris son premier bain dès le lendemain de son arrivée, et a continué d'en prendre un chaque jour. Son temps se partage entre des courses à pied aux environs et des excursions lointaines à cheval ou dans un phaéton traîné par des chevaux américains, d'une vitesse de trot fabuleuse, quand c'est l'Empereur qui les conduit lui-même, ce qu'il fait d'ordinaire.
"Les baigneurs et la population de Plombières ont su comprendre que Sa Majesté venant se reposer ici de ses travaux, il était dans les convenances de lui laisser toute liberté d'action, d'où il suit qu'on ne l'importune en aucune manière, tout en saisissant chaque occasion qui se présente de lui témoigner affection respectueuse et reconnaissance. La confiante simplicité de l'Empereur est véritablement touchante ; il visite les marchands, adresse la parole aux personnes qu'il reconnaît, et met à sa boutonnière des fleurs qui lui sont offertes par tous les enfants qu'il rencontre.
"Samedi dernier, l'Empereur a fait annoncer qu'il se rendrait le soir au salon de réunion, où se donnait une séance de magnétisme au profit des pauvres, et Sa Majesté y est restée toute la soirée, accompagnée du général Espinasse, son aide de camp, du préfet des Vosges et de quelques personnes de sa maison. L'Empereur a payé son billet 500 francs. Mgr le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, et Mgr Caverot, évêque de Saint-Dié, arrivés depuis peu, ont été admis en audience particulière. "Il est hors de doute que quelques semaines de repos, l'air balsamique des montagnes et l'usage des eaux thermales seront extrêmement favorables à Sa Majesté, qui, du reste, ne paraît guère en avoir besoin, si l'on en juge d'après l'apparence de sa santé, l'exercice qu'elle prend chaque jour et la sérénité bienveillante qui règne sur sa figure..."
Dès ce premier contact avec Plombières, l'Empereur fut frappé du contraste qui s'offrait à ses yeux. D'une part, la notoriété de la station et la valeur thérapeutique de ses eaux, d'autre part le mauvais agencement de la ville et l'indigence des établissements thermaux. Aussi, considérant la chose non seulement sur la plan local, mais encore sur le plan national, résolut-il de s'intéresser à l'avenir de la station.
Le premier travail qu'il fit exécuter à ses frais, et dont il surveilla lui-même l'exécution, fut le tracé de la voie que l'on appela alors rue de l'Impératrice et que l'on désigne de nos jours sous les noms d'avenues des Etats-Unis et Louis Français. Puis le souverain conçut le projet de la formation d'une Société à qui l'Etat concéderait l'exploitation des sources et établissements thermaux. Il apprécia vivement le curé de Plombières, l'abbé Balland, homme bon et charitable, aussi lui promit-il de s'intéresser au projet de construction d'une nouvelle église.

Ancienne église de Plombières

Heureux de l'action bienfaisante des eaux, conquis par le charme puissant du pays, touché des marques de sympathie dont il était l'objet, Napoléon III différa plusieurs fois son départ et prolongea son séjour jusqu'au 8 août.
L'Empereur est parti, les décors sont fanés, les lampions sont éteints, la petite ville a retrouvé son calme, mais il reste encore quelques baigneurs. Et parmi ceux-ci se trouve Cuvilier-Fleury, de l'Académie française, sa femme et sa fille, avec quelques ménages amis, les d'Essissac, les d'Ayen, les Duchatel et d'autres.
Cuvilier-Fleury avait été autrefois le précepteur du duc d'Aumale, et il avait conservé l'habitude de correspondre fréquemment avec son ancien élève. Aussi, lui écrivait-il, de Plombières le 23 août 1856, une curieuse lettre, où il décrit longuement et à sa manière le séjour de l'hôte impérial. J'en détache quelques passages typiques, je dirai même amusants : "Notre projet, en venant si tard à Plombières - fin juillet - était d'échapper à la période officielle et brillante pour y retrouver notre vie paisible d'autrefois. Mais nous avions compté sans notre hôte, ou plutôt celui de Plombières, qui a prolongé ici son séjour au-delà de toute prévision, non pas, comme on l'a dit, pour y mener la vie d'un "mari qui se dérange" - c'est le titre d'une pièce jouée devant lui - mais pour soigner sa santé dont il a été visiblement préoccupé dans toute cette saison. Est-elle sérieusement atteinte ?
"Quoi qu'il en soit, on a remarqué que pendant tout son séjour ici, l'Empereur n'est monté que rarement à cheval ; il se promenait dans une voiture basse, conduisant deux chevaux dont il ne voyait que les oreilles ; sa fatigue était visible ; puis, vers la fin, il a repris bon pied, il a reçu, il a donné de petites soirées intimes où sa gaîté est allée jusqu'à l'éclat, et il est parti avec contentement manifeste d'être resté là si longtemps. Quant à nous, notre situation a été, un moment, assez singulière : il ne s'est pas passé un seul jour où nous n'ayons rencontré Sa Majesté une ou deux fois par jour, pour le moins. Tout le monde saluait, les uns par goût, les autres par politesse, et l'Empereur rendait les saluts, sans destination. Nos propriétaires logeurs avaient magnifiquement décoré leur maison, et j'avais, pour ma part un "Vive l'Empereur" de quatre-vingt-dix centimètres sur le balcon de mon appartement ; deux grands pins ornés de banderoles, avec des guirlandes, à deux pas de chez moi, le tout un peu fané, ce qui faisait dire aux plaisants, vers la fin : "Les gens de Plombières n'ont pas gâté leur hôte, ils l'ont mis à l'eau et au pin sec." Du reste, on plaisantait peu, du moins en public. La police était représentée par un chef de service fort poli, assisté de cinquante Corses à moustaches noires, qu'on voyait partout, prêts à vous sauter au visage, si vous vous étiez permis de rire... Je suppose que l'Empereur lui-même a dû être impatienté plus d'une fois de l'impossibilité où il s'est trouvé de rompre une seule maille du filet de sa police, pendant ses promenades, la cigarette à la bouche, n'ayant d'escorte apparente que des officiers, et protégé en réalité, par cette brigade infatigable. L'Empereur avait, du reste, une autre escorte plus agréable, si ce n'est moins importune, dans un certain nombre de jeunes demoiselles venues à Plombières avec leurs mamans, en tout bien tout honneur, et qui s'étaient laissées prendre, après quelques jours, dans le rayonnement de l'astre impérial. Les bonnes gens du pays appelaient ces poursuivantes acharnées "les demoiselles de l'Empereur" ; on les voyait partout, en effet, à sa suite, quelquefois dans sa compagnie, avec des toilettes mirobolantes, deux surtout, Melles de B..., auxquelles leur mère s'était associée dans ce manège, en vue, dit-on, d'une sénatorerie fort convoitée par son mari. Melle de P... poursuivait, elle, un mari qui faisait partie de la maison du maître, et on dit encore que les fiançailles ont été célébrées à Plombières même, sous son patronage. Tout s'est borné, au surplus, et en dépit des commérages de Paris, à une simple pastorale, d'un effet assoupissant pour la galerie, mais d'une parfaite innocence du côté de l'Empereur..."

Pose de la 1ère pierre des Nouvelles Thermes

Lorsque vint l'été 1857, Napoléon III reprit le chemin des Vosges. Il quitte Paris le 25 juin dans la matinée, s'arrête une journée à Châlons, où il visite le camp. Le lendemain 26, à 9 heures du matin, il expédie à l'Impératrice, restée à Saint-Cloud, le télégramme suivant : "Je pars très bien portant. Écris-moi par le télégraphe à Nancy. Je serai vers 5 heures à Plombières, d'où je t'écrirai dès mon arrivée. Embrasse le petit pour moi."
A 3 heures de l'après-midi, le souverain est à Épinal, où l'attendent ses équipages, et par la jolie vallée de la Moselle et la coquette ville de Remiremont, il parvient à Plombières à 6 heures et demie du soir.
L'Empereur est de nouveau accompagné des généraux Espinasse et Fleury, aides de camp, du prince de La Tour d'Auvergne, officier d'ordonnance, et de M. Mocquard, chef de cabinet. Les Cent-Gardes ne sont pas du voyage, seul un bataillon du 63ème de ligne forme l'escorte. L'Empereur se rend à la résidence qui lui a été préparée. Ce n'est plus l'ancien hôtel des chanoinesses de Remiremont, c'est le pavillon des Princes, construit sous la Restauration pour servir d'habitation aux membres de la famille royale qui pourraient avoir besoin des eaux. Jusqu'alors ce pavillon avait été habité par la duchesse d'Angoulême en 1828, par la duchesse d'Orléans en 1842 et par les préfets des Vosges, qui en avaient fait leur résidence d'été.
Le séjour est moins brillant que le précédent. Le Moniteur du 6 juillet le constate : "Plombières est loin d'avoir encore la même animation que l'an dernier. Le monde y arrive assez lentement. L'Empereur dont la santé continue à éprouver un heureux effet des bains, mène une vie retirée qui se partage entre le travail et quelques promenades dans le voisinage. Jusqu'ici, les pluies fréquentes n'ont guère permis les excursions lointaines."
Le fait est que l'Empereur s'est familiarisé avec le pays, avec ses habitants et mène une vie qui ressemble étrangement à celle d'un bourgeois. Le matin, il suit son traitement sous la direction du Dr Lhéritier, médecin-inspecteur des Eaux. L'après-midi, il se promène ou il va écouter un concert donné, sur la Petite Promenade, par la musique du 63ème de ligne, il donne le bras à l'un de ses généraux, ou il se promène seul de long en large de la promenade, mêlé à la foule, qui s'écarte sur son passage et le salue respectueusement.
Vers le soir, alors que le jour tombe, l'Empereur va parfois se placer sur le balcon du premier étage de la maison contiguë à sa résidence, laquelle maison a été louée pour y installer ses services. Elle existe encore, c'est le n°3 de la rue Liétard ; là, accoudé sur la grille, il fume son éternel cigarette. Tantôt il est rêveur, pensif, tantôt il regarde curieusement le va-et-vient de la foule bariolée des baigneurs et même il entend, amusé, les conversations des personnes assises sur les bancs de l'hôtel situé en face (hôtel Baumont). La soirée se passe soit à recevoir chez lui quelques personnes, soit à assister, au salon public, à une pièce de théâtre, à un concert ou à un bal.
Mais voilà qu'une grande nouvelle, tenue à demi-secrète, transpire : l'Impératrice va venir passer quelques jours auprès de son mari. Eugénie quitte Paris le jeudi 9 juillet dans la matinée. Elle est accompagnée de la comtesse de Montebello, de la comtesse de La Bédoyère, de la comtesse de Lourmel, dames du Palais ; du comte de Tascher de La Pagerie, premier chambellan, et du baron de Pierres, premier écuyer. Le comte Walewski, ministre des Affaires étrangères, et sa femme sont du voyage. Sa Majesté parvient en gare d'Épinal à 5 heures et demie de l'après-midi, et, par la route, elle gagne Plombières, où elle arrive à 8 heures du soir.
L'Empereur est allé l'accueillir sur la Promenade des Dames, entouré des autorités locales. Le cortège pénètre dans la ville, qui est resplendissante sous sa parure de verdure et sous sa gamme de lumières. La foule s'est massée à proximité de la résidence impériale, elle acclame longuement les souverains.
Le lendemain, Eugénie, qu'accompagne son mari, visite la ville et les établissements thermaux. Elle conquiert habitants et baigneurs par sa beauté, son charme, sa grâce. Puis, au cours de son séjour, elle excursionne à la Fontaine Stanislas, à la Feuillée Dorothée, au vallon de Hérival où a lieu un déjeuner champêtre. Le samedi 11, leurs Majestés reçoivent la visite du grand-duc de Hesse-Darmstadt accompagné de son frère, le prince Alexandre. Le dimanche, elles assistent à la messe paroissiale célébrée par Mgr Menjaud, évêque de Nancy ; on remarque leur recueillement. Le soir, il y a bal au salon public au profit des pauvres. L'Empereur dans avec l'Impératrice, puis avec Mme de Rouvre, la femme du préfet des Vosges. L'Impératrice danse merveilleusement le quadrille des lanciers avec le prince Alexandre, ses dames d'honneur et les généraux de la suite. Le lendemain 13 juillet, Eugénie quittait Plombières et regagnait Saint-Cloud.
L'Empereur, heureusement, s'occupait aussi de choses plus sérieuses. Sans parler des affaires de l'État auxquelles il consacrait, chaque matin, plusieurs heures, il poursuivait son plan de rénovation de Plombières. Par une loi votée le 6 juin 1857, l'État, propriétaire des sources de Plombières depuis 1811, concédait à une société anonyme, et pour une période déterminée, l'exploitation des sources et établissements thermaux de la station ; c'est l'actuelle compagnie des Thermes. Déjà, pendant l'hiver 1856-1857, on avait creusé le sol de la partie centrale de la ville, et on avait découvert les substructions romaines et notamment l'étuve, remise depuis en usage, et son fameux robinet de bronze. La Société devait poursuivre ces travaux, procéder à un captage des sources et à la construction d'un nouvel établissement et d'hôtels. Les projets furent promptement élaborés et, le 22 juillet, Napoléon put poser la première pierre de ces vastes constructions. La cérémonie fut imposante. A un magnifique discours prononcé par le curé de Plombières, l'abbé Balland, le souverain répondit par ces paroles : "Je suis heureux de satisfaire à votre désir de me voir poser la première pierre du nouvel établissement de bains qui doit contribuer, j'en suis convaincu, à la prospérité de Plombières. Ce lieu m'intéresse non seulement parce que tant de personnes y ont recouvré la santé, mais surtout parce qu'il est le centre d'une population qui m'a donné des preuves touchantes de sympathie et qui a toujours été animée d'un vrai patriotisme. Je souhaite que tous ceux qui comme moi, viennent se reposer de leurs travaux, y trouvent de nouvelles forces pour l'accomplissement de leurs devoirs et le service de la Patrie..."

Une promenade facile à proximité de la ville, manquait à Plombières. Une jolie prairie s'étalait dans la sortie inférieure de la vallée, en avant de la forêt de la Fontaine Stanislas. L'Empereur se rend acquéreur, pour 110 000 F., des terrains et crée le parc que nous admirons encore aujourd'hui, bien que sa superficie ait été réduite depuis la construction de la gare. Il surveille lui-même les travaux, indique la direction des allées et l'emplacement des massifs d'arbres.
Un autre projet plus grandiose, et auquel Napoléon III s'intéresse vivement, est la construction de la nouvelle église. L'église de Plombières, bâtie en 1729, était trop petite et sans caractère ; il était question de l'agrandir, mais les travaux eussent été coûteux et n'eussent abouti qu'à un monument imparfait. L'abbé Balland s'entretint de la question avec l'Empereur. Celui-ci fut tout à fait partisan d'une nouvelle construction, digne de la Majesté divine et en rapport avec la notoriété de Plombières. Il promit au curé un premier don, consistant en une subvention de 5000 francs par mois et cela pendant deux ans. Avec un tel patronage, l'édification de l'église fut aussitôt décidée.
Cependant le séjour durait depuis plus d'un mois. Le souverain estima qu'il était temps de regagner la capitale. Il quitta donc Plombières le 28 juillet, arriva le soir même au camp de Châlons ; le lendemain il était de retour à Paris, ou plutôt à Saint-Cloud. En annonçant la nouvelle, le Moniteur ajoutait : "La santé de Sa Majesté est excellente."

Arrivée de l'Empereur à Plombières en Juillet 1858

En 1858, pour la troisième fois, Napoléon III se rend à nouveau à Plombières. Il quitte Paris le 29 juin , s'arrête au camp de Châlons, et arrive dans la ville d'eau le lendemain à 6 heures et demie du soir. Ce voyage est identique au précédent : même suite, même escorte, même résidence, réception toujours aussi enthousiaste de la population et des baigneurs.
Le premier soin de l'Empereur est de visiter les travaux entrepris, soit par son initiative, soit sous son patronage. Les fondations des Thermes Napoléon et des deux hôtels sont terminées et déjà les bâtiments s'élèvent. Le parc s'est complété par l'adjonction d'une pièce d'eau et la construction d'un kiosque rustique. Le gros-œuvre souterrain de l'église est en cours, mais le bâtiment doit s'élever en travers de la vallée, en partie sur la rivière, et cette situation offre de très sérieux inconvénients. Après un examen approfondi de la question, les travaux sont suspendus, le souverain les prend à sa charge et décide que la future église sera construite dans l'axe de la vallée, à l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui.
Entre temps, l'ancienne église avait été démolie et les offices religieux se célébraient dans la chapelle de l'hôpital Stanislas, aujourd'hui disparue, laquelle pouvait contenir à peine cent personnes, alors qu'outre l'Empereur et sa suite, il y avait foule à Plombières. Le temps était beau, les dévouements ne manquaient pas ; on eut alors l'idée, originale et charmante, pour les dimanches 4 et 11 juillet, de célébrer la messe en plein air, sous les ombrages de la Promenade des Dames. Un autel surélevé, couvert d'un dais de velours rouge à franges d'or, s'élevait au centre de l'avenue. Napoléon III et sa suite se trouvaient naturellement au premier rang ; les sièges qui avaient été disposés étaient occupés par la société des baigneurs, les messieurs en habit, les dames en grande toilette. Le curé de Plombières officia au milieu du silence et du recueillement le plus profond ; la musique du 63ème de ligne exécuta divers morceaux ; l'office se termina par un Domine salvum fac Imperatorem, chanté par des artistes.
Cependant, bien que le Moniteur du 7 juillet assurât que Sa Majesté menait à Plombières une vie très retirée, l'Empereur recevait et même beaucoup. Parmi ses hôtes se trouvaient notamment le duc et la duchesse d'Hamilton ; cette dernière était la fille de sa cousine Stéphanie de Beauharnais, grande-duchesse de Bade, et il était heureux de pouvoir la fêter à Plombières.

Messe sur la Promenade des Dames en juillet 1858. Perrin

Le 11 juillet, visite du maréchal Canrobert. Mais voici une autre visite, et combien plus importante ! Depuis l'attentat d'Orsini (14 janvier 1858) les relations entre la France et la Sardaigne s'étaient sensiblement refroidies. Le comte de Cavour, l'habile ministre de Victor-Emmanuel II, s'employait par tous les moyens à en atténuer les effets désastreux pour sa politique. Il savait cependant que, malgré tout, l'Empereur restait favorable à l'éviction de l'Autriche de l'Italie et à l'Unité de la Péninsule. Aussi fit-il agir les ressorts les plus délicats de sa diplomatie. Il y réussit. Dans les derniers jours de mai, Napoléon III envoyait à Turin son vieil ami, le Dr Conneau, afin de proposer à Cavour une entrevue qui aurait lieu à Plombières vers la mi-juillet. Le ministre n'eut garde de manquer au rendez-vous.
Sous prétexte d'aller se reposer en Suisse, il quittait Turin le 11 juillet et se rendait chez des cousins dans la banlieue de Genève. Un beau matin, il s'évadait sournoisement et, muni d'un faux passeport, il s'acheminait par Bâle et Strasbourg vers Plombières où il arrivait le 20 juillet à 9 heures du soir. On a prétendu que Cavour était seul, mais la liste des baigneurs porte aussi les noms de M. de Villamarina, qui était également ministre de Sardaigne à Paris, et du chevalier de Veisset, sans doute attaché de cabinet. Plombières regorgeait de monde et le ministre ne trouva pour se loger qu'une modeste chambre chez le pharmacien Gentilhomme. Il passa la nuit dans une méditation fébrile.
Le lendemain 21 juillet, à 11 heures du matin, Cavour était reçu par l'Empereur. L'entrevue historique dura quatre heures. A 3 heures de l'après-midi, Napoléon libérait son hôte et l'invitait à revenir, une heure plus tard, afin de faire une promenade. Le souverain fit monter le ministre dans son phaéton, attelé de chevaux américains et tous deux parcoururent le pittoresque vallon de Hérival. Ils causèrent encore politique. Quand le jour déclina, ils rentrèrent à Plombières : les conversations étaient terminées, et le sort futur de l'Italie paraissait réglé. Cavour triomphant quittait Plombières le lendemain matin et se rendait à Baden. Là, le 24 juillet, il écrivait à son roi une très longue lettre où il lui rapportait, dans tous ses détails, l'entrevue de Plombières et les résultats que l'on pouvait en attendre pour son pays. On sait la suite ; si l'Italie, grâce au concours de notre armée et aux sacrifices de nos soldats, devait recouvrer son unité, la France allait s'enrichir de deux belles provinces : la Savoie et le comté de Nice.
A la veille de son départ, et malgré le mauvais temps, le souverain faisait une longue excursion à la Schlucht et à Munster ; la duchesse de Hamilton l'accompagnait. Mais ce n'était pas seulement pour admirer le grandiose panorama des Vosges, c'était aussi pour rencontrer la grande-duchesse Stéphanie de Bade, venue de sa résidence d'Umkirch, sur les bords du Rhin.
L'Empereur quittait Plombières le 27 juillet à 6 heures et demie du matin ; le soir-même, il était de retour au palais de Saint-Cloud.

Les Nouveaux Thermes de Plombières

Napoléon III fit encore, depuis le camp de Châlons, deux visites très rapides à Plombières, le 9 août 1859 et le 24 août 1861, afin de se rendre compte de l'état d'avancement des différents travaux en cours, notamment ceux des thermes et de l'église, prouvant ainsi l'intérêt qu'il portait à la station. En 1861, 1862, 1863, 1864, il alla soigner son foie à Vichy.
Il ne revint se traiter à Plombières qu'en 1865. Le souverain quitta Paris le 19 juillet à 9h40 ; il arrive par Aillevillers, à Plombières à 7h20 du soir. Il est accompagné du général de Béville, aide de camp, du commandant Stoffel et du capitaine Lecot, officiers d'ordonnance, de M. Conti, son chef de cabinet et de M. Pietri, son secrétaire particulier. Le Pavillon des Princes sert toujours de résidence impériale. Dans la soirée, Sa Majesté parcourt la ville illuminée, au milieu d'une foule, qui lui fait l'accueil le plus enthousiaste.
L'Empereur a bien vite repris sa vie d'autrefois. "Chaque jour, écrit la Presse vosgienne, Sa Majesté fait des promenades à pied et des excursions incroyables en voiture. Tous les sites des environs de Plombières lui sont connus, et aucun Vosgien habitué au pays, ne pourrait soutenir une conversation aussi habilement que l'Empereur sur les beautés du pays." Une de ses premières visites est pour l'hôpital et l'école qui lui est contiguë, bâtiments qu'il a fait construire, pour ensuite en faire don à la ville. Auprès des malades, il se montre humain, bon, compatissant. Le dimanche 30 juillet, Sa Majesté va entendre la messe dans la nouvelle église qui est son oeuvre, et où l'attendent pour lui en faire les honneurs, Mgr Caverot, évêque de Saint-Dié, Mgr Rivet, évêque de Dijon, Mgr Maret, évêque de Suna in partibus et un grand nombre d'ecclésiastiques. A l'allocution prononcée par l'évêque de Saint-Dié, le souverain répond qu'il faut reporter à la divine Providence le mérite de ses actes. Pendant l'office, M. Lichtlé, de Strasbourg, exécute avec Melle Joly, de Lunéville, un duo pour soprano et cor, un O salutaris, "très remarquable, paraît-il par la pureté et l'égalité de ses sons".
Le soir de ce même dimanche, l'Empereur a convié à un dîner champêtre, organisée à la Feuillée Nouvelle, une trentaine de personnes. Parmi les invités se trouvent la maréchale de Saint-Arnaud, le marquis de la Valette, ministre de l'Intérieur, le marquis de Faury, préfet des Vosges, sa femme et ses filles, Mme Emile de Girardin, le baron de Hackereen, sénateur, M. de Pruines, président de la Commission des Thermes. Après le repas, un groupe de musiciens, sort de la maisonnette de la Feuillée.
L'Empereur veut qu'avant de rentrer à Plombières, on danse, quoi ...? la Boulangère ! Et il part le premier au son des violons et des flûtes...
Le dimanche 6 août, la municipalité offre à son hôte une fête, qui est qualifiée de splendide et à laquelle participe une affluence considérable venue de tous les points de la région. Elle se termine par un "charmant" feu d'artifice.
Cependant, Napoléon III demeurait toujours un fervent de ce que l'on appelait alors "la diplomatie thermale". On le savait en Europe. Aussi reçut-il, au cours de son séjour, et de la manière la plus secrète, un visiteur plutôt inattendu : Son Excellence le comte de Bismarck, ministre de Sa Majesté prussienne. Bismarck désirait, paraît-il, un rapprochement enter la France et la Prusse, afin que si un conflit venait à éclater avec l'Autriche, la France demeurât simple spectatrice. Comme il savait le peu de sympathie de l'Empereur pour la monarchie danubienne, il venait, en habile informateur, se rendre compte des dispositions d'esprit du souverain. L'entretien ne fut guère qu'une prise de contact ; il devait se continuer en octobre à Biarritz.
Napoléon quittait Plombières le 10 août, à 9 heures du matin. Il allait prendre le train à Remiremont, passait à Épinal et à Nancy, où il était l'objet de chaleureuses ovations. Dans la traversée de la capitale lorraine, le train impérial était littéralement couvert de fleurs, lancées des maisons et des rues longeant la voie. A 5 heures, le convoi arrivait à Mourmelon, à proximité du camp de Châlons.

Trois ans s'écoulèrent avant que Napoléon III revînt à Plombières en 1868. Il retourne en effet à Vichy en 1866 ; l'année suivante, il est retenu à Paris par l'Exposition universelle et la visite des souverains d'Europe. Malgré la prospérité inouïe du pays et le très grand prestige dont jouissait encore la France, l'astre impérial pâlissait. L'inutile et désastreuse guerre du Mexique, l'écrasement de l'Autriche à Sadowa, l'ascension rapide de la Prusse, étaient autant de sujets d'inquiétude. Puis Napoléon exerçait une fonction écrasante depuis près de vingt ans ; sa vie privée était extravagante, aussi se sentait-il vieilli, fatigué et de plus atteint d'un mal qu'on n'avait pu encore déterminer. Il pensa qu'une cure d'eau et de repos à Plombières lui serait favorable.
Le souverain partait de Fontainebleau le 19 juillet à 10 heures et demie du matin, et, par Aillevillers, il arrivait à 7 h 15 du soir. Il avait avec lui, pour l'accompagner, les généraux de Béville et Lepic, aides de camp, le comte Davillers, premier écuyer, les capitaines de Crény et de Lasalle, officiers d'ordonnance, M. Conti, chef de cabinet et M. Pietri, secrétaire particulier. L'Empereur fit son entrée à Plombières dans une calèche découverte, attelée de deux magnifiques chevaux russes, caparaçonnés de blanc. Une foule énorme s'était massée sur son passage ; elle ne cessa de l'acclamer. Mais le souverain délaissa sa résidence habituelle. On avait aménagé pour le recevoir l'aile gauche des grands hôtels à cause surtout de la proximité du parc. Les appartements impériaux comportaient, au rez-de-chaussée, un grand salon de réception. Au premier étage une longue enfilade de pièces ; on trouvait successivement une salle à manger, petite piève très simple tendue d'étoffe grise avec rideaux en toile d'Alsace, le salon des officiers de service, celui du souverain tendu de rouge, le cabinet du secrétaire particulier ; la chambre à coucher avec un lit à baldaquin, style Louis XV, entièrement drapé de rouge ; la chambre des atours ; enfin le cabinet de travail de Sa Majesté au milieu duquel se voyait un magnifique bureau incrusté de cuivre, style Empire, et d'autres meubles "d'une simplicité de bon goût".

L'Empereur dans son cabinet de travail du Pavillon des Princes

Chaque jour, l'Empereur allait se promener au parc dont il était le créateur ; il aimait à se reposer dans le kiosque rustique aux verres de couleur, que lui avait fait édifier la Compagnie des Thermes. Un jour, survint un orage ; les baigneurs surpris ne savaient où se réfugier, ce que voyant, Napoléon leur offrit l'hospitalité dans son pavillon, et se montra un hôte charmant. Du reste, il était, avec les grands comme avec les petits, d'une politesse exquise, répondant, d'une manière fort gracieuse, à tous les saluts.
L'Empereur, toujours accompagné d'un ou plusieurs officiers de sa maison, se rendait fréquemment dans l'intérieur de la ville. Il aimait à flâner dans les boutiques et à converser avec les marchands. Il faisait partout des achats : chez M. Jacquot, ce sont des bijoux en acier poli et damasquiné fabriqués à Plombières ; chez Mme Evrard, ce sont des cuvettes en faïence ; chez M. Gallé-Rennemer, succursale de la maison de Nancy, ce sont des caissettes et des vases en malachite. Chaque dimanche, le souverain se rendait à la messe, accueilli soit par l'évêque de Saint-Dié, soit par le nouveau curé, l'abbé Chapelier. Sa tenue était parfaite ; il paraissait suivre l'office avec une attention marquée dans son livre de prières, qu'on rapportait ensuite au presbytère et dont la garde était confiée au curé.
Cette dernière saison de l'Empereur fut toute simple, comparativement aux précédentes. Hormis quelques parties champêtres, un bal au profit des pauvres, un feu d'artifice, une excursion assez spectaculaire à la Schlucht, il n'y eut d'autre fait saillant que le rendez-vous à Plombières de la Société des Francs-tireurs des Vosges. Cette société avait sollicité du souverain qu'il la passât en revue et qu'il inaugurât le tir qu'elle venait de créer, au-delà du parc, en bordure de la route d'Aillevillers.
Enfin, le jeudi 8 août, à 8 heures et demie du matin, l'Empereur, après avoir de son balcon pris congé des autorités locales et de la population, s'éloignait de Plombières. Il ne pouvait soupçonner que c'était un adieu qu'il disait à ce pays qu'il affectionnait tant, et pour lequel il avait fait de grandes choses.
Les habitants de Plombières, abstraction faite de toute considération politique, se rappellent toujours qu'ils ont une dette de reconnaissance envers Napoléon III, rénovateur de leurs thermes, bienfaiteur de leur cité.

Brochure de Jean Kastener éditée par la Compagnie des Thermes de Plombières-les-Bains, 1967.

Les Francs Tireurs des Vosges défilant rue Stanislas en 1868