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Ministre des Beaux-Arts du 2 janvier au 10 août 1870 (avec l'intérim de l'Instruction publique du 14 avril au 15 mai ; et sous l'appellation "des Lettres, Sciences et Beaux-Arts à partir du 15 mai).
Né à Paris le 26 octobre 1832, mort à Paris le 4 novembre 1888.

Fils d'un riche homme d'affaires, Maurice Richard, après des études de droit et un début de carrière chez un avocat à la Cour de cassation, devint en 1863 député de Seine-et-Oise. Favorable à une évolution libérale, démocratique et laïque de l'Empire, élu contre le candidat soutenu par le gouvernement, il siégea au Corps législatif à côté d'Emile Ollivier dont il partageait complètement les vues et avec lequel il se lia d'amitié. Ce dernier, résolu à l'associer coûte que coûte à son ministère, envisagea d'abord pour lui l'Instruction publique, puis les Travaux publics ; finalement, on créa à son profit un ministère des Beaux-Arts qui, élargissant un peu plus tard ses compétences aux lettres et aux sciences, représentait une sorte de ministère de la Culture avant la lettre, né du démembrement des administrations de l'Intérieur et de l'Instruction publique : "Les artistes ne peuvent être traités comme les préfets, explique Emile Ollivier, non plus que les écrivains comme des professeurs." Après la démission des ministres du centre gauche, il eut pendant un mois l'intérim de l'Instruction publique, et après les premières défaites, fut chargé, comme homme de confiance du président du Conseil, d'une mission de liaison auprès de l'Empereur ; il constata à cette occasion que son état de santé aurait dû imposer à ce dernier d'abandonner le commandement personnel des opérations militaires.
Maurice Richard, ministre à 37 ans, n'avait, en fait, aux Beaux-Arts, qu'un poste d'attente. Mais la chute du ministère, celle de l'Empire et la défaite brisèrent sa carrière. Devenu l'un des familiers du prince Napoléon après 1870, il tenta vainement de reconquérir son siège de député en 1876, puis abandonna la vie politique.

F. Choisel in Le dictionnaire des ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.

Lien :

Article de Francis Choisel.