moustier2.jpgMinistre des Affaires étrangères du 1er septembre 1866 au 17 décembre 1868.
Né à Paris le 23 août 1817, mort à Paris le 5 février 1869.

Issu d'une des plus anciennes familles de Franche-Comté, le marquis de Moustier était fils et petit-fils d'émigrés royalistes ralliés à l'Empire, fils et petit-fils de diplomates, fils et petit-fils de ministres (son père, député royaliste sous Villèle, avait assuré l'intérim des Affaires étrangères après le départ de Chateaubriand ; son grand-père maternel, de Laforest, avait été ministre d'Etat, sous Napoléon). Conservateur monarchiste et catholique ayant siégé à l'Assemblée législative, diplomate de carrière, il fut nommé ministre des Affaires étrangères alors qu'il était en poste à Constantinople.
Après quelques semaines d'un intérim de La Valette (le temps de son voyage), il prit ses fonctions le 2 octobre 1866 et les exerça sous l'autorité de Rouher et de Napoléon III, qui lui laissèrent, comme à ses prédécesseurs, peu d'initiative. Son ministère fut marqué, sans qu'il en ait été responsable, par plusieurs échecs : fin dramatique de la guerre du Mexique, revers de prestige dans l'affaire de l'achat manqué du Luxembourg (dont il mena les négociations), seconde expédition de Rome (dont il fut partisan) envoyée contre Garibaldi et par laquelle nos soldats furent à nouveau enchaînés au coeur de l'Italie. Mais, malgré l'incident du "Vive la Pologne, Monsieur !" lancé sur le passage du tsar, il eut aussi la satisfaction d'accueillir les souverains européens qui se pressaient à Paris pour visiter l'Exposition universelle de 1867. Gravement malade, il abandonna son portefeuille à la fin de l'année 1868, et mourut quelques semaines plus tard.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.