bourbeau.jpgMinistre de l'Instruction publique.
Né le 2 mars 1811 à Poitiers (Vienne); mort à Fontaine (Vienne) le 6 octobre 1877.

Fils d'un précepteur, petit-fils du maire du chef-lieu de la Vienne, issu d'une très ancienne famille de notaires originaire de Poitiers, Louis Olivier Bourbeau accomplit toute sa carrière à Poitiers. Après des études à Sorèze, il devient le protégé du professeur Boncenne. Il est reçu docteur en droit en 1834 et réussit l'agrégation en 1841. Professeur-suppléant de la Faculté de droit de Poitiers depuis l'année précédente, il est rapidement nommé professeur de procédure civile et de législation criminelle et continue la célèbre Théorie de la procédure civile de son maître mort en 1840. Parallèlement, il exerce la profession d'avocat et devient bâtonnier de l'ordre en 1845. Conseiller municipal puis maire de Poitiers à partir de 1847, il est élu par son département à la Constituante en 1848. Il se montre très actif au sein de cette assemblée, mais se retire de la politique en 1849 pour se consacrer à son cabinet d'avocat et à son poste de professeur de droit. En mai 1867, il est nommé doyen de la Faculté. Deux ans plus tôt, il est redevenu maire de Poitiers.
En vue des élections législatives de 1869 le gouvernement fait appel à lui. Il accepte la candidature officielle dans la troisième circonscription de la Vienne et est très facilement élu. Il signe "la demande d'interpellation des 116". Le 17 juillet, il devient ministre de l'Instruction publique en remplacement de Victor Duruy. Il occupe cette fonction jusqu'en décembre. Même si Ollivier a envisagé pendant quelques jours de donner un portefeuille à ce libéral, Bourbeau ne fait pas partie du gouvernement du 2 Janvier. Ayant dû solliciter le renouvellement de son mandat en tant que ministre, il a été réélu au Corps législatif le 22 novembre 1869. Il intervient fréquemment en séance et participe à de nombreuses commissions d'intérêt général. Il est par exemple rapporteur du projet d'abolition de la peine de mort en mars 1870 et vice-président de la commission du budget de 1871.
Après la chute de l'Empire, il retrouve sa chaire de professeur à Poitiers grâce à l'appui de son ancien collègue du Corps législatif, Jules Simon. Président du conseil général de la Vienne et sénateur depuis 1876, il était commandeur de la Légion d'honneur et officier de l'Instruction publique. Il avait épousé en 1835 Louise Anne Arnault de la Ménardière, fille d'un avoué près la Cour d'appel de Poitiers dont il eut quatre enfants.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.