buffet3.jpgMinistre des Finances le 2 janvier 1870.
Né à Mirecourt (Vosges) le 26 octobre 1818, mort à Paris le 7 juillet 1898.

Né dans une famille bourgeoise de sensibilité bonapartiste, il est le fils de Louis-François, ancien officier devenu banquier et négociant puis maire de Mirecourt à partir de 1840 et conseiller général des Vosges de 1843 à 1852. Louis Buffet est apparenté aux Boulay et aux Flavigny. Après des études au collège de Mirecourt, à l'institution Massin et au collège Charlemagne, il fait son droit à Paris et à Strasbourg puis s'inscrit au barreau. Il a la chance d'être remarqué par Liouville qui le prend dans son cabinet. Deuxième secrétaire de la Conférence en 1843-1844, il s'installe ensuite à Nancy, mais vient fréquemment plaider dans la capitale. Sous-commissaire du gouvernement à Mirecourt après la révolution de Février 1848, il est élu à la Constituante par son département natal. Après avoir soutenu Cavaignac lors de la campagne présidentielle, il se rapproche du président et devient ministre de l'Agriculture et du Commerce mais le tour personnel que prend le régime ne lui convient pas. Il démissionne en octobre 1849. Élu à la Législative par les Vosges, il siège au centre droit de la nouvelle assemblée. Il reçoit la Légion d'honneur en octobre 1851 après l'avoir refusée en 1849.
Hostile au coup d'État du 2 Décembre, il proteste à la mairie du Xème arrondissement et subit un bref emprisonnement à Orsay puis à Vincennes. Il se retire alors à Mirecourt et s'occupe de son domaine de Ravenel. Membre du comice agricole depuis 1840, il le préside de 1853 à sa mort. Montalembert obtient tout de même qu'il participe au comité de rédaction du Correspondant. Buffet tente de faire son retour sur la scène politique lors des élections législatives de 1857. Il est battu dans la deuxième circonscription des Vosges. Il l'est à nouveau en 1863 mais cette fois dans la première circonscription. L'invalidation de son vainqueur, Bourcier de Villiers, lui permet d'être élu député le 17 janvier 1864. Il siège alors depuis le mois d'août précédent au conseil général. Au Corps législatif, il se montre fort actif. Il participe aux travaux de plusieurs commissions importantes comme celle sur les coalitions en 1864 ou celle sur l'armée et la garde nationale mobile en 1867. Catholique fervent, il est à l'origine de l'amendement pour la défense du pouvoir temporel du pape qui recueille quatre-vingt-quatre voix en février 1865. Il est l'une des personnalités les plus influentes du tiers parti et fait naturellement partie des "42". Réélu très facilement en 1869, il est l'un des inspirateurs de la "demande d'interpellation des 116" et devient le chef du centre gauche. C'est à ce titre qu'il est nommé ministre des Finances du gouvernement du 2 janvier 1870. Hostile au plébiscite, il démissionne en avril. Tout en désapprouvant la manière dont le gouvernement a engagé le pays dans la guerre et conduit les opérations, il tente de sauver ce qui peut encore l'être le 4 septembre. Il se rend avec cinq collègues auprès de l'Impératrice pour lui demander de renoncer au pouvoir au profit d'une commission nommée par le Corps législatif. Cette démarche reste vaine et l'Assemblée perd vite le contrôle de la situation. Élu représentant à l'Assemblée nationale en 1871, il refuse le poste de ministre des Finances que lui propose Thiers. Il ne tarde d'ailleurs pas à s'opposer au chef du pouvoir exécutif et contribue à sa chute. Président de l'Assemblée de 1873 à 1875, il permet le vote de l'amendement Wallon. Bien que partisan de la monarchie constitutionnelle, il juge en effet indispensable de sortir du provisoire. Ministre de l'Intérieur et vice-président du Conseil des ministres à partir de mars 1875, il démissionne en février 1876 après avoir échouer au premier tour des législatives trois jours plus tôt dans quatre circonscriptions. Après un premier échec au Sénat en 1875, il y est coopté en juin 1876 comme sénateur inamovible. Il y intervient plus de 300 fois. En 1890, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques en remplacement de son ami Daru.
Il avait épousé en 1854 Marie Pauline Louise Target (1833-1905) qui lui a donné sept enfants. Elle était la petite-fille de Jean-Baptiste Target, député aux États généraux, président de l'Assemblée nationale et membre de l'Académie française et soeur de Paul, conseiller d'État en 1851, révoqué après le coup d'État, représentant à l'Assemblée nationale en 1871.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.