leroux.jpgMinistre de l'Agriculture et du Commerce le 17 juillet 1869.
Né à Paris le 11 décembre 1815, mort à Paris le 1er juin 1880.

Paul Augustin Alfred Le Roux est le fils d'un négociant et banquier de la capitale. Après avoir été l'élève du lycée Bonaparte-Bourbon, il fait son droit à la Faculté de Paris dont il sort licencié. Il est alors associé à la banque paternelle. Parallèlement, il fait des vers qu'il dédie au comte de Chambord exilé. Il publie aussi plusieurs nouvelles ainsi qu'un roman, Edouard Aubert, en 1843. Devenu seul directeur de la banque Le Roux, il soutient un certain nombre d'écrivains et rend service aux Bonaparte, en particulier à Louis-Napoléon pendant sa présidence. Il s'occupe aussi de ses vastes propriétés vendéennes.
C'est à ce titre qu'il est retenu comme candidat officiel dans la deuxième circonscription de la Vendée lors des élections législatives de 1852. Il est très facilement élu puis est réélu dans les mêmes conditions en 1857, en 1863 et en 1869. Il entre également au conseil général de la Vendée lors de l'été 1852, en devient aussitôt le président et le reste pendant tout le régime. Au Corps législatif, Alfred Le Roux s'impose rapidement. Bon orateur, alors que la majorité en compte si peu, il intervient dans la plupart des discussions économiques et financières. Il participe à de très nombreuses commissions d'intérêt général et occupe une responsabilité dans la plupart d'entre elles. On le retrouve ainsi à quinze reprises dans la commission du budget (de 1853 à 1860, en 1862 et de 1864 à 1869) .Il en est le secrétaire de 1853 à 1855, le rapporteur en 1856, en 1857 et en 1862 et le président de 1864 à 1869. Il rapporte le projet de loi sur les chemins de fer en juin 1861, siège dans la commission de l'adresse de 1864 à 1866, etc. Alfred Le Roux est l'exemple type du député pour lequel les considérations politiques l'emportent sur toutes les autres. Favorable au pouvoir temporel du pape et protectionniste, il ne se sépare pourtant pas de la majorité sur ces deux sujets. Vingt-sept fois président de bureau, il est nommé vice-président du Corps législatif de 1863 à 1869. Il administre alors de nombreuses sociétés comme la Société des chemins de fer de Paris à la Méditerranée, les Chemins de fer de l'Ouest, la Société générale pour le développement du commerce et de l'industrie, etc. Selon la Presse, ses postes d'administrateurs lui procurent à eux seuls 100 000 francs de revenus. Il est nommé membre et rapporteur du jury spécial de l'Exposition universelle de 1867. Nommé ministre de l'Agriculture et du Commerce en juillet 1869, il doit solliciter le renouvellement de son mandat législatif ce qu'il obtient le 22 novembre 1869. Il retrouve alors son poste de vice-président du Corps législatif, cette fois par l'élection, et l'occupe jusqu'à la chute du régime.
Après le 4 Septembre, il reste très impliqué dans les affaires. Il préside le conseil d'administration de plusieurs sociétés dont la Compagnie "la Paternelle" mais aussi le syndicat des chemins de fer en tant qu'administrateur de plusieurs compagnies ferroviaires. En 1877, il est élu député de la Vendée comme candidat officiel du gouvernement, mais son élection est invalidée. Il est plus heureux à l'échelon local. En effet, lorsqu'il décède, le 1er juin 1880, il est encore président du conseil général de la Vendée. Grand-officier de la Légion d'honneur depuis août 1868, il était également officier de l'Instruction publique et avait reçu plusieurs décorations étrangères dont la grand-croix d'Isabelle-la-Catholique.
Il était allié aux Bartholoni. Son fils Paul (1850-1923), gendre du parlementaire Charles Alphonse Levert, a été son secrétaire au ministère de l'Agriculture et du Commerce puis a été élu député et sénateur de la Vendée sous la IIIème République.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.