chevreau.jpgMinistre de l'Intérieur le 10 août 1870.
Né en 1823, mort en 1903.

Fils du député au Corps législatif Jean Henri Chevreau, Jules Henri Chevreau s'essaya d'abord à la littérature avant de se présenter, sans succès, aux élections du 23 avril 1848. Il participa ensuite activement à la campagne électorale présidentielle de Louis-Napoléon Bonaparte, qui le récompensa, en janvier 1849, par la préfecture de l'Ardèche.
Après le coup d'Etat, il devint conseiller d'Etat hors section et secrétaire général du ministère de l'Intérieur ; mais, en raison d'une divergence avec son ministre, Persigny, il fut envoyé en 1853 à la tête de la préfecture de la Loire-Inférieure. Il y fit la preuve, durant dix ans, de ses qualités d'administrateur dévoué, de son habileté et de ses convictions bonapartistes, réussissant en particulier à apaiser les passions hostiles des légitimistes et à surmonter les réticences du clergé local. Promu en 1864 à la préfecture du Rhône, il fut nommé sénateur le 15 mars 1865, puis remplaça à la préfecture de la Seine, le baron Haussmann renvoyé en janvier 1870 par Emile Ollivier.
Nommé ministre de l'Intérieur le 10 août 1870 après la chute de ce dernier, il conserva néanmoins ses fonctions préfectorales et s'attacha, pendant les trois semaines de guerre durant lesquelles il conserva son portefeuille, à lever et à organiser à Paris et en province de nouveaux bataillons de gardes nationaux et de gardes nationaux mobiles, envoyant notamment dans les départements dix conseillers d'Etat en mission. Disposant de la totale confiance de l'Impératrice, il eut la pénible tâche de lui remettre la dépêche officielle annonçant la reddition de Sedan et la captivité de l'Empereur, et veilla jusqu'au dernier moment sur sa sécurité, ne quittant les Tuileries le 4 Septembre, qu'après le départ de celle-ci. Il la rejoignit ensuite en Angleterre et fit partie de la petite cour de fidèles qui entoura le couple impérial dans l'exil.
Il fut élu député de l'Ardèche en 1885 mais, invalidé, il ne retrouva pas son siège lors du nouveau scrutin, en 1886.

Francis Choisel in Dictionnaire du second Empire, dir. J. Tulard, Fayard.