busson1.jpgMinistre présidant le Conseil d'Etat le 10 août 1870.
Né le 24 juillet 1823 à Joigny (Yonne), mort le 15 août 1888 au château des Grézillières (Loire-Inférieure).

Julien Henri Busson est le fils du sous-préfet de l'arrondissement. Après ses études aux lycées Saint-Louis et Louis-le-Grand, il fait son droit à la Faculté de Paris et est reçu docteur en 1848. Inscrit au barreau de la capitale dès 1845, il devient secrétaire de la conférence des avocats en 1849. Secrétaire d'Adolphe Billault, il se rallie sous son influence à Louis Napoléon Bonaparte après avoir professé des idées républicaines. Il épouse Fanny (1832-1908), la fille aînée de son mentor devenu député de l'Ariège et président du Corps législatif.
Lorsque son beau-père est nommé ministre de l'Intérieur, Busson lui succède dans la deuxième circonscription de l'Ariège, le 24 septembre 1854. N'ayant aucune attache dans le département, il n'en entre pas moins au conseil général en 1855, conseil qu'il préside même par la suite. Réélu constamment au Corps législatif en bénéficiant à chaque fois de l'investiture gouvernementale et sans jamais rencontrer de difficultés, il est l'un des députés les plus actifs. Dix fois membre de la commission du budget (1856, 1857, 1860 à 1864 et 1868 à 1870), il en est nommé secrétaire en 1857 et rapporteur en 1860, en 1861, en 1863 et de 1868 à 1870, année au cours de laquelle il préside également ladite commission. Il participe aussi, entre autres, aux travaux de la commission de l'adresse en 1862 et en 1866, à ceux de la commission sur la presse en 1867 ou encore à ceux de la commission chargée, pendant la dernière législature, de préparer le règlement du Corps législatif. Son débit oratoire très rapide fait le désespoir des sténographes par exemple lorsqu'il lit en 1865 son rapport sur le projet de loi concernant les conseil généraux. Busson-Billault (après la mort de son beau-père il a demandé à joindre son nom au sien ce qui lui a été finalement accordé par décret impérial de février 1864) occupe la fonction de secrétaire de l'Assemblée entre 1864 et 1866 avant d'être élu vice-président pour la session de 1870. Membre fidèle de la majorité, il venait de signer le programme du centre droit. Il devient ministre présidant le Conseil d'Etat dans le gouvernement Palikao du 10 août 1870.
La chute de l'Empire lui fait prendre du recul. Il attend 1876 pour tenter un retour. Elu conseiller général de la Loire-Inférieure, il échoue aux législatives l'année suivante. Durant tous ses mandats, il n'a pas cessé de plaider. Avocat de la liste civile et avocat consultant des Domaines sous l'Empire, il défend encore le prince Napoléon en 1883.
Il avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1859, officier en 1862 et commandeur en 1866. Officier de l'Instruction publique, il était en outre titulaire de plusieurs ordres étrangers. Il était par exemple commandeur de Charles III d'Espagne. En 1882, son fils aîné, Henri Julien Marie (1853-1923), docteur en droit, avait épousé Geneviève Baroche, petite-fille de l'ancien ministre. Il s'est lancé tardivement en politique en se faisant élire sénateur de la Loire-Inférieure en 1920.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.