brame.jpgMinistre de l'Instruction publique.
Né à Lille (Nord) le 9 juillet 1808 ; mort à Paris le 1er février 1878.

Issu d'une famille de la bourgeoisie flamande, Jules Brame est le premier des six enfants de Louis Brame (1781-1865), entrepreneur des Ponts-et-Chaussées, conseiller municipal de Lille et troisième fortune du département. Après des études assez dissipées au collège de Lille et au collège Rollin à Paris, il étudie le droit dans la capitale et obtient sa licence. Auditeur au Conseil d'Etat dès 1835, il passe maître des requêtes en 1840. En 1848, il se retire sur les terres que possède son père près de Roubaix et se consacre à l'agriculture. Il reçoit de nombreuses médailles dans les concours agricoles et fait naturellement partie du comice de Lille. Après un passage au conseil d'arrondissement de Lille, il fait son entrée en 1847 au conseil général du Nord qu'il ne quitte plus jusqu'à sa mort, étant appelé sous la troisième République à en exercer la vice-présidence.
Jules Brame est élu en 1857 dans la deuxième circonscription du Nord avec la neutralité du gouvernement. Sans faire une opposition systématique au régime, il n'en manifeste pas moins une grande indépendance et se montre très attaché aux libertés politiques. Il vote contre la loi de sûreté générale le 19 février 1858. Grand orateur des causes protectionniste et cléricale, il intervient fréquemment en séance et fait partie des "91". Il siège dans de nombreuses commissions comme celles du budget en 1861 et en 1862. Réélu en 1863, Brame se montre tout aussi actif dans la troisième législature. Le 14 janvier 1864, on le retrouve parmi les quarante-trois députés qui votent un amendement à l'adresse réclamant la fin des abus de la candidature officielle et le 27 du même mois parmi les quarante-sept qui votent un amendement pour la fin de l'expédition du Mexique. Cette même année, il fait à nouveau partie de la commission du budget. Membre des "84" puis des "42", il reste fidèle à ses convictions et porte à l'Empereur, peu avant les élections législatives de 1869, une pétition protectionniste de la chambre de commerce de Roubaix et de Tourcoing revêtue de près de 14 000 signatures. Il obtient le renouvellement de son mandat parlementaire, joue un grand rôle dans la "demande d'interpellation des 116" qu'il signe, avant de s'inscrire au centre gauche. Il est nommé au sein de la commission extra-parlementaire de décentralisation administrative. Le 8 août 1870, il vient réclamer chez l'Impératrice, à la tête d'une délégation de députés, la démission du gouvernement Ollivier et devient ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts du gouvernement Palikao.
Après la chute de l'Empire, son département l'envoie siéger à l'Assemblée nationale. En 1876, il entre au Sénat où il soutient Mac-Mahon dans la crise du 16 mai. Il s'éteint à Paris le 1er février 1878. Il avait refusé la croix de la Légion d'honneur qu'on lui avait pourtant proposé plusieurs fois.
Il avait épousé en 1837 Augustine Lesage, fille d'un riche négociant lillois, apparentée à Lesage-Sénault, conventionnel régicide, membre du Comité de Salut public puis du Conseil des Anciens. De ce mariage, il avait eu deux fils dont l'aîné, Georges (1839-1888), a été son chef de cabinet lorsqu'il est devenu ministre avant d'être député du Nord de 1876 à sa mort. La soeur de Jules Brame, Cécile avait épousé Mortimer Ternaux, député des Ardennes. Son frère, Emile était le gendre d'Alexandre de Beaussier, député du Nord et son neveu Paul, celui du baron Auguste Evain, député des Ardennes. Il était par ailleurs l'allié de ses collègues du Corps législatif, Clebsattel et Kolb-Bernard.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.