bineau.JPGMinistre des Travaux publics du 31 octobre 1849 au 3 janvier 1851. Ministre des Finances du 22 janvier 1852 au 3 février 1855.
Né à Gennes (Maine-et-Loire) le 18 mai 1805, mort à Châtou (Seine-et-Oise) le 8 septembre 1855.

Polytechnicien, ingénieur des Mines, Jean Bineau devint, en 1841, député de son département natal, et siégea sur les bancs de l'opposition dynastique. Réélu en 1848 et en 1849, il soutint la politique conservatrice puis celle de l'Elysée. Ministre des Travaux publics d'octobre 1849 à janvier 1851, il fut rappelé au gouvernement peu après le coup d'Etat, comme ministre des Finances. Il eut alors (mars 1852) à réaliser, sans le concours des banques, la conversion de la rente 5 pour cent en 4,5 pour cent, opération délicate rendue possible par la confiance retrouvée de la bourse au lendemain du changement de régime. Il étudia aussi, avec Magne, les statuts du Crédit mobilier - banque par actions fondée sur des principes nouveaux - que les frères Pereire furent autorisés à lancer. Il s'attacha à réduire le déficit des budgets de 1852 et 1853, puis eut à faire face aux dépenses entraînées par la guerre de Crimée. En mars 1854, il lança un emprunt d'Etat qui fut un succès et qui, sur une suggestion de Napoléon III, fut souscrit pour la première fois directement par le public et non pas proposé par adjudication à une banque. Sénateur dès la première promotion de 1852, membre de l'Académie des sciences morales et politiques en février 1855, il dut, à cette date, démissionner du gouvernement pour raison de santé, et mourut quelques mois plus tard.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.