abbatucci.jpgMinistre de la Justice du 22 janvier 1852 à sa mort.
Né à Zicavo, Corse, le 21 décembre 1791 ; mort à Paris, le 11 novembre 1857.

Issu d'une famille corse liée aux Bonaparte, Jacques Abbatucci devint député de cette île en 1830 ; battu en 1831, il retrouva un siège à la Chambre en 1839 grâce au département du Loiret, qu'il représenta jusqu'en 1851.
Lié à Odilon Barrot, il soutint la politique de Thiers, s'opposa à Guizot et participa à la campagne des banquets qui entraîna la chute du régime.
Sous la IInde République, il fit partie de l'entourage de Louis-Napoléon Bonaparte, contribua à la rédaction du manifeste de ce dernier pour l'élection présidentielle et vota avec la droite à l'Assemblée.
Ayant fait des études de droit et poursuivi une carrière dans la magistrature, il fut associé en 1849 (avec Baroche et Quentin Bauchart) à son épuration, et fut nommé ministre de la Justice le 22 janvier 1852 en remplacement de Rouher qui refusait de cautionner la confiscation des biens de la famille d'Orléans. Pendant six ans, Abbatucci y apparut comme le chef de l'aile gauche des ministres, se distinguant des bonapartistes ralliés tels que Rouher ou Magne, qu'il taxait d'orléanisme et gardant ses distances avec l'Impératrice qu'il ne souhaitait pas voir jouer un rôle politique. Il s'opposa en Conseil des ministres à l'amnistie de 1856, qu'il contresigna néanmoins ensuite.
Favorable à l'Eglise, mais gallican, il se vit offrir, à la mort de Fortoul, le rattachement des Cultes à son ministère, "parce que l'Empereur s'aperçoit que le clergé va trop loin et qu'on lui a trop lâché les guides ; il désire qu'une main ferme s'empare des rênes", rapporte son fils. Il refusa ce surcroît de travail, en raison de son âge, et recommanda Rouland. Il mourut un an et demi plus tard.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.