espinasse.jpgMinistre de l'Intérieur et de la Sécurité publique le 7 février 1858.
Né le 2 avril 1815 à Castelnaudary, mort le 4 juin 1859 à Magenta (Italie).

Esprit Charles Marie Espinasse est le fils de Jean et de Germaine Robert. Il est reçu à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr en 1833 et en sort sous-lieutenant au 47e régiment d'infanterie de ligne, puis passe à la Légion étrangère où il sera promu lieutenant en avril 1838. Le 17 janvier 1841, il est capitaine au 1er régiment de chasseurs à pied, et participe à la campagne d'Algérie de 1835 à 1849, où il sera blessé grièvement au combat des Aurès de quatre coups de feu (poitrine, bas ventre et les deux cuisses). Il est promu chef de bataillon au régiment des zouaves qu'il servira du 20 octobre 1845 au 1er mai 1849. Avec le 22e d'infanterie de ligne, il participe alors au siège de Rome, au cours duquel il se distingue en entrant le premier dans la ville pontificale. En 1851, avant le coup d'Etat, le général de Saint-Arnaud le fait venir à Paris pour commander le 42e de ligne. "Colonel très distingué avec beaucoup d'avenir, d'une grande bravoure, très intelligent, véritable homme de guerre, doit faire un officier général distingué", disent ses notes.
Du fait de son dévouement au Prince-président le 2 Décembre, il est appelé à être son aide de camp et, le 10 mai 1852, Espinasse est promu général de brigade. Il va commander la 3e brigade d'infanterie du camp d'Helfaut près de Saint-Omer. Au début de la campagne de Crimée, il dirige la 1ère brigade de la 1ère division d'infanterie. S'étant distingué aux combats de la Tchernaïa et de Malakoff, il est promu général de division, commandant la 3e division d'infanterie du 2e corps d'armée du général Bosquet. A la fin des hostilités il est chargé par l'Empereur dans le cadre de l'armée d'Orient, d'une mission spéciale, muni de pouvoirs exceptionnels. Rentré en France, il est inspecteur général de l'infanterie en 1857, mais après l'attentat d'Orsini le 14 janvier 1858, l'Empereur le nomme ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique. C'est une mission de confiance qui montre bien les sentiments que lui porte Napoléon III. Avec dévouement et efficacité, il assure cette fonction du 7 février au 14 juin 1858, date à laquelle il est nommé sénateur.
Il va rejoindre l'armée d'Italie le 2 avril 1859, commandant la 2e division du 2e corps d'armée de Mac-Mahon. Alors que sa division est en difficulté devant Magenta, Mac-Mahon fait intervenir les voltigeurs de la garde du général Camou. Espinasse peut reprendre l'offensive, entre dans le village de Magenta, où il est tué ainsi que son officier d'ordonnance, le lieutenant Froidemond, le 4 juin 1859. L'Empereur perd un ami dévoué, la France son général de division le plus jeune - il a 45 ans. Chevalier de la Légion d'honneur en 1842, officier en 1849, commandeur le 16 août 1856, il reçut plusieurs décorations étrangères : ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand, ordre du Bain d'Angleterre, médaille de Crimée de S.M. la Reine d'Angleterre. Il s'était marié en 1853 à Marie Festugière, de Bordeaux, avec laquelle il eut trois enfants.

Bernard Petit in Dictionnaire du second Empire, dir. J. Tulard, Fayard.

Lien :

Article de Francis Choisel.