barondavid.jpgMinistre des Travaux publics le 10 août 1870.
Né à Rome (Italie) le 29 juin 1823, mort à Langon (Gironde) le 27 janvier 1882.

Jérôme Frédéric Paul baron David est le filleul du roi Jérôme Bonaparte dont il serait le fils naturel. Son grand-père, le peintre Jacques-Louis David, a été conventionnel régicide, président de l'Assemblée, membre du Comité de Sûreté générale, premier peintre de Napoléon Ier et membre de l'Institut. Quant à son père, il a été sous-préfet sous l'Empire, s'est installé en Grèce comme professeur de français avant de revenir en France en 1820 et de recevoir en 1831 la chaire de littérature grecque à la Faculté des lettres de Paris. Elève de Sainte-Barbe, Jérôme est d'abord destiné à la marine. Il est embarqué dès l'âge de douze ans à bord d'un navire école et navigue pendant deux ans. Il n'a aucun goût pour la mer et se fait admettre en 1842 à Saint-Cyr. Il en sort sous-lieutenant des zouaves et fait près de dix ans de campagne en Afrique. Il passe lieutenant en 1844 et devient officier d'ordonnance des généraux Cavaignac, Ladmirault et Randon. Chef d'un bureau arabe à la frontière marocaine, il est nommé commandant supérieur du cercle des Beni-Mansour en Kabylie puis, grâce à Jérôme Bonaparte, officier d'ordonnance du prince Napoléon avec le grade de capitaine. Il suit ce dernier en Crimée et finit par quitter l'armée en 1857. Il s'installe dans le Langonnais où sa femme, Elisa Merle, épousée en 1853, possède des propriétés et y développe la culture du tabac.
Membre du conseil général de la Gironde dont il deviendra par la suite vice-président, il échoue aux élections législatives de 1857 dans la troisième circonscription de la Gironde contre le député sortant Thiérion. Il est plus heureux lors de la partielle organisée le 1er mai 1859 dans la quatrième circonscription départementale. Candidat officiel, il succède sans difficulté au baron Roguet décédé. Maire de Langon à partir d'avril 1860, il démissionne dès décembre 1861 en raison des exigences de son mandat de député, tout en restant conseiller municipal. Il est réélu au Corps législatif en 1863 puis en 1869 dans la toute nouvelle sixième circonscription. Jérôme David est un député très actif et participe à de nombreuses commissions (en 1860 celle du budget, en 1861 celle du contingent dont il est secrétaire et rapporteur et celle de l'adresse, en 1867 celle sur l'armée et la garde nationale mobile,...). Considéré à juste titre comme l'un des meilleurs orateurs de la majorité, il intervient à de nombreuses reprises. Il se fait remarquer par ses discours en faveur du libre-échange, du pouvoir temporel du pape, de l'expédition du Mexique, du projet de loi Niel (son discours de décembre 1867 est tiré à 100 000 exemplaires sur l'ordre de l'Empereur), ... Grec par sa mère, il s'intéresse aux peuples opprimés et défend la Pologne. Secrétaire du Corps législatif de 1861 à 1863, il est nommé vice-président de l'Assemblée de 1867 à 1869 puis occupe encore ce poste en 1869-1870, cette fois par l'élection. Fondateur du Cercle de l'Arcade dont le but est de lutter contre "l'action dissolvante" des libéraux, il réunit autour de lui les bonapartistes purs, l'extrême droite de la Chambre. Membre du Conseil privé depuis 1869, très apprécié par l'Impératrice et pensionné sur la cassette impériale, il devient de plus en plus influent. Adversaire résolu d'Ollivier et partisan de la guerre contre la Prusse, il interpelle le gouvernement sur la candidature Hohenzollern. Après les premières défaites, il contribue à la chute du ministère et devient ministre des Travaux publics dans le gouvernement Palikao du 10 août.
A la chute du régime, il se réfugie en Angleterre avec l'Impératrice. En juillet 1871, il échoue à l'élection législative partielle organisée en Gironde. Dans sa brochure Actualités et souvenirs politiques publiée en 1874, il essaie de justifier sa conduite de l'été 1870 et rejette l'initiative de la guerre et la responsabilité du désastre sur l'ensemble du Corps législatif. En 1874, il redevient conseiller général de la Gironde et revient au Parlement en 1876 comme député de ce département. Réélu en 1877 comme candidat officiel, il doit se représenter devant les électeurs en juillet 1878 après l'invalidation de son élection. Il l'emporte à nouveau et siège à l'Appel au peuple, mais il est de moins en moins actif. Malade, se remettant difficilement de plusieurs deuils familiaux (sa fille Marie-Thérèse meurt à seize ans en 1872 et son fils Jérôme est tué en duel à dix-neuf ans en 1874) et de la mort du Prince impérial, battu aux élections cantonales de 1880, il ne se représente pas aux législatives de 1881.
Décoré de la médaille de Crimée et de plusieurs ordres étrangers, il était grand-officier de la Légion d'honneur depuis 1869. Il était l'oncle par alliance de Dugué de la Fauconnerie, député au Corps législatif et le cousin germain du baron Jeanin, préfet puis conseiller d'Etat sous le second Empire.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.