chevandier_franck.jpgMinistre de l'Intérieur du 2 janvier au 9 août 1870.
Né à Saint-Quirin, Meurthe, le 17 août 1810 ; mort à Paris le 1er décembre 1878.

Après des études de chimie et de mathématiques, Jean Pierre Eugène Napoléon Chevandier de Valdrôme suivit les traces de son père, patron de fabrique dans l'industrie du verre, député orléaniste et pair de France : industriel dans cette même branche, administrateur de la Compagnie des chemins de fer de l'Est, il fut envoyé en 1859 au Corps législatif par le département de la Meurthe. Candidat officiel de l'Empire, mais d'opinion catholique et libérale, il ne tarde pas à manifester son opposition à la politique italienne de Napoléon III, et à revendiquer une évolution du régime. Etant l'un des principaux chefs du tiers parti, il accède à la vice-présidence de la chambre en 1869, puis au ministère de l'Intérieur dans le cabinet d'Emile Ollivier. Il y manifeste une fidélité sans faille à l'Empereur et une parfaite solidarité avec le chef du ministère qui entretenait avec lui des relations amicales et confiantes. Au plan électoral, il renonça à la pratique des candidatures officielles, selon la politique définie par le cabinet, mais fit donner à fond l'Administration en faveur du plébiscite de mai 1870 qui restaura la légitimité ébranlée de Napoléon III. En matière d'ordre public, son action fut caractérisée par une efficace fermeté, mise en oeuvre avec sang-froid : il fit front, dès son arrivée en fonctions, à la manifestation républicaine organisée pour les obsèques de Victor Noir, et empêcha par un judicieux déploiement de forces, qu'elle ne tourne à l'émeute. Pendant les hostilités contre la Prusse, en août, il envisagea même de tuer dans l'oeuf, par un coup de force, l'agitation révolutionnaire parisienne qui menaçait le régime ; mais la chute du ministère l'empêcha de mener à bien son projet, dont le principe avait été approuvé par Ollivier, et dont les mesures d'application étaient déjà prêtes. Afin de cautionner ce coup de force et de restaurer l'autorité du gouvernement, ébranlée par l'agitation des partis au Corps législatif, il avait été l'un des partisans les plus décidés du retour de Napoléon III à Paris lorsque sa présence aux armées s'était avérée inutile. Son ministère fut également marqué par le renvoi d'Haussmann, que l'on sacrifia à la vindicte de la nouvelle majorité parlementaire, et par la mise en chantier d'un projet de décentralisation administrative. Sa carrière politique fut interrompue par la chute de l'Empire et brisée par la défaite.

Francis Choisel in Le Dictionnaire des Ministres, Perrin, 1990, dir. B. Yvert.