Louvet_Pierson.jpgMinistre de l'Agriculture et du Commerce le 2 janvier 1870.
Né à Saumur (Loiret) le 22 octobre 1806, mort à Paris le 1er mars 1882.

D'une famille enrichie par le commerce, Charles Louvet est le fils d'un négociant. Il visite la France et publie le récit de ses voyages dans divers journaux étrangers. Il se rend dans la capitale pour y suivre les cours de la Faculté de droit. Lorsque son ami Charles Dovalle est tué en duel à vingt-deux ans, il recueille et publie ses poésies. Nous sommes à la veille de la révolution de 1830. Désormais licencié en droit, Louvet s'inscrit au barreau de la capitale. Par la suite, il décide de retourner dans son pays natal et y fonde une banque, la maison Louvet et Trouillard. Il s'investit dès lors dans de nombreuses responsabilités locales et ceci d'autant plus facilement qu'il est partisan de la monarchie de Juillet. Conseiller général du Maine-et-Loire à partir de 1838, il devient maire de Saumur en 1844, après en avoir été conseiller municipal. Il est également juge au tribunal de commerce de la ville. Elu par son département à la Constituante de 1848, il fait partie du comité des finances et de la plupart des commissions sur le sujet, en particulier de celle qui est nommée après les journées de juin pour résoudre les problèmes du Trésor public. Rallié à l'Elysée, il est élu à la Législative et s'y montre tout aussi actif.
Il reçoit l'investiture officielle lors des élections législatives de 1852 dans la troisième circonscription du Maine-et-Loire. Il est facilement élu. Il reste maire de Saumur et devient président du conseil général du Maine-et-Loire en 1854. Réélu député en 1857, en 1863 et en 1869, il siège pendant tout le régime au sein de la majorité du Corps législatif, même s'il se montre critique à l'égard de la politique impériale en Italie. Il fait partie des "91" puis des "84". Spécialiste des finances, il participe treize fois à la commission du budget (en 1852, de 1854 à 1858, en 1860, en 1861, en 1863, en 1865 et de 1867 à 1869) et en exerce la vice-présidence en 1861. Il souhaite une gestion rigoureuse des deniers publics et n'hésite pas à critiquer, dès les premières sessions, l'abus des crédits supplémentaires. Il attaque également le projet de loi relatif à la dotation de l'armée, à l'exonération et au remplacement par l'Etat. Louvet est l'un des députés qui participent le plus aux commissions d'intérêt général. Il est membre et rapporteur de la commission de secours pour les communes ravagées par les inondations de 1856, de celle sur les grands travaux d'utilité générale en 1860, etc. Il siège dans la commission de l'adresse en 1864 ou encore dans la commission sur l'armée et la garde nationale mobile en 1867. Par ailleurs, le gouvernement l'appelle fréquemment au sein de grandes commissions extra-parlementaires. Il fait partie à cinq reprises de la commission administrative chargée de vérifier les comptes des ministres. Partisan de l'évolution libérale, il signe la "demande d'interpellation des 116". Membre très influent du centre droit, il devient ministre de l'Agriculture et du Commerce dans le gouvernement du 2 Janvier. Opposé à la politique de libre-échange, il limite le système des admissions temporaires et est l'initiateur de la grande enquête sur la question douanière. Il chute avec l'ensemble du gouvernement lors des premières défaites contre la Prusse, en août 1870.

Il renonce à la politique après le 4 Septembre. Commandeur de la Légion d'honneur et officier de l'Instruction publique, il était aussi grand-croix de Saint-Grégoire-le-Grand et chevalier de Saint-Jacques-de-l'Epée.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.