casabianca3.jpgMinistre d'Etat le 22 janvier 1852.
Né à Nice le 27 juin 1796, mort en 1881.

Issu d'une famille de vieille noblesse corse, petit-neveu du général, sénateur, comte de l'Empire et pair de la Restauration, qui de Louis XV à Napoléon Ier aida la France à établir son autorité sur l'île, également neveu et gendre d'un autre général de la Révolution et de l'Empire, François Xavier de Casabianca, bonapartiste de conviction, se consacra sous la monarchie constitutionnelle à son métier d'avocat à Bastia. En 1848, il fut élu représentant de la Corse à l'Assemblée constituante et réélu en 1849. Il siégea avec le parti de l'ordre puis avec les partisans de l'Elysée. Louis-Napoléon envisagea, au moment de l'affaire Changarnier, de l'appeler au gouvernement dans un ministère de fidèles qui ne vit pas le jour. Neuf mois plus tard, le 26 octobre 1851, il était nommé ministre de l'Agriculture et du Commerce, où il resta un mois, puis aux Finances, le 23 novembre, qu'il garda une semaine ; il n'était pas dans la confidence du coup d'Etat et fut remplacé après le 2 Décembre. Il revint au gouvernement le 22 janvier 1852, au ministère d'Etat nouvellement créé, pour contresigner le décret de confiscation des biens de la famille d'Orléans, qui avait provoqué la démission de plusieurs ministres. Après six mois, le 28 juillet 1852, il fut remplacé et nommé le même jour au Sénat. Il en fut l'un des membres les plus actifs, prenant la charge de nombreux rapports sur des questions techniques ou sur des sujets sensibles. Il rapporte ainsi plusieurs senatus-consultes (concernant la liste civile de l'Empereur, la dotation du prince Napoléon, des modifications du domaine de la Couronne, l'application aux colonies de lois de la métropole), sur diverses lois (portant sur les douanes, les canaux, des crédits supplémentaires, l'amortissement de la dette, la transcription hypothécaire, l'édification du nouvel opéra de Paris, etc.) et sur nombre de pétitions. Il fut en particulier le rapporteur de la loi de sûreté générale, et celui de la grande oeuvre du Sénat : le long projet de Code rural, dû à l'initiative de Ladoucette, et qui occupa les trois sessions de 1856, 1857 et de 1858. Dans le même ordre d'idées, il fit les rapports de pétitions proposant un code administratif, et de nombre de celles qui rejoignaient des propositions contenues dans le projet de Code rural. Il suivit fidèlement les options gouvernementales, qu'il soutint sans défaillir jusqu'à la fin de l'Empire. Il fut également nommé, en 1864, procureur général à la Cour des comptes : et, après l'Empire, lors d'une élection partielle, en 1876, il retrouva son siège de député de la Corse puis le céda, l'année suivante à son fils qui, comme lui, appartint au groupe bonapartiste de l'Appel au peuple.

Francis Choisel in Dictionnaire du second Empire, dir. J. Tulard, Fayard.