segris2.JPGMinistre de l'Instruction publique le 2 janvier 1870, ministre des Finances le 14 avril 1870.
Né à Poitiers (Vienne) le 4 mars 1811, mort à Weggis (Suisse) le 5 septembre 1880.

Fils de négociant, Alexis Emile Segris est l'élève du lycée Louis-le-Grand puis étudie le droit à la Faculté de Poitiers. Reçu licencié en 1832, il est admis au stage l'année suivante et s'inscrit au barreau d'Angers en 1837. Il s'impose rapidement comme l'un des premiers avocats de la ville. En 1847, il est nommé bâtonnier de l'ordre et en 1850 juge-suppléant au tribunal d'Angers. Devenu conseiller municipal de la ville après la révolution de Février 1848, il exerce la fonction d'adjoint au maire à partir de janvier 1851 et approuve en tant que tel le coup d'Etat du 2 Décembre. Entré au conseil général du Maine-et-Loire en 1852, il est nommé secrétaire de cette assemblée en 1856.
Le gouvernement en fait son candidat lors de la législative partielle organisée le 27 novembre 1859 dans la première circonscription du département. Segris est élu sans aucune difficulté. Il s'installe dans la majorité et ne s'en sépare guère que pour voter "l'amendement des 91". Soutenu de nouveau par le gouvernement, i lest réélu en 1863 puis en 1869. Il est également nommé vice-président puis président du conseil général du Maine-et-Loire. Remarquable orateur, il intervient en de nombreuses circonstances même s'il avant tout un spécialiste des finances. Il siège d'ailleurs constamment dans la commission du budget de 1861 à 1869, est élu secrétaire de cette commission en 1861, rapporteur de divers impôts en 1862 et rapporteur des crédits extraordinaires sur l'exercice de 1862 en 1863. Il suit l'évolution libérale du régime. Dès 1867, on songe à lui pour un portefeuille ministériel. Au cours de la dernière législature, il signe la "demande d'interpellation des 116", participe aux travaux de la commission chargée de rédiger le nouveau règlement du Corps législatif et adhère au programme du centre droit, groupe dont il est l'une des personnalités dominantes. C'est à ce titre qu'Ollivier fait appel à lui lorsqu'il constitue son ministère. Ministre de l'Instruction publique du gouvernement du 2 Janvier, Segris se montre très actif dans ses nouvelles fonctions. Il confie à Guizot la présidence de la commission extra-parlementaire sur l'enseignement supérieur, révoque Le Verrier de son poste de directeur de l'Observatoire, ferme l'Ecole de Médecine pendant un mois après les manifestations contre le professeur Tardieu et s'intéresse de près à l'enseignement primaire. Le 14 avril 1870, il succède aux Finances à Buffet démissionnaire. Il est chargé de lancer l'emprunt de guerre contre la Prusse, mais quitte le pouvoir avec ses collègues après les premières défaites.
Il renonce à la politique après la chute de l'Empire. Il était commandeur de la Légion d'honneur et était le beau-frère du député Ernest Cesbron.

Eric Anceau, Dictionnaire des députés du second Empire, P.U.R., 1999.