Ministre présidant le Conseil d'Etat le 28 septembre 1864.
Né en 1813, mort en 1885.

Fils d'un député orléaniste de la monarchie de Juillet, polytechnicien, ingénieur des Ponts-et-Chaussées mais aussi docteur en droit, Adolphe Vuitry fut, de 1841 à 1846, chef de la section des cultes au ministère de l'Instruction publique. Il entra pour la première fois en 1846, comme maître des requêtes, au Conseil d'Etat où il devait accomplir le principal de sa carrière. Maintenu en 1848, il l'abandonna quelques mois pour occuper auprès d'Achille Fould le poste de sous-secrétaire d'Etat aux Finances, du 26 avril au 26 octobre 1851. Nommé conseiller d'Etat lors de la reconstitution de ce corps le 25 janvier 1852, il opina, au sein de la section du contentieux à laquelle il appartenait, contre la nationalisation des biens de la famille d'Orléans. Il n'en fut pas moins promu, quelque temps plus tard, président de la section des finances. En 1863, il fut nommé vice-président honoraire et devint gouverneur de la Banque de France, fonction qu'il abandonna pour devenir, le 28 septembre 1864, ministre présidant le Conseil d'Etat. Il le resta jusqu'au 17 juillet 1869, date à laquelle il quitta définitivement ce corps. Réticent vis-à-vis des tendances démocratiques et sociales du bonapartisme, plus proche de l'orléanisme, Vuitry fut un serviteur indépendant et néanmoins loyal de l'Empire : "Nous devons examiner librement les projets qui nous sont soumis et les discuter avec une respectueuse indépendance. Il est bon que toutes les critiques se produisent. Il est utile que le gouvernement trouve dans les loyales appréciations (du Conseil d'Etat) un premier reflet de l'accueil qui sera fait ensuite à sa pensée par les représentants du pays et par l'opinion publique. Mais il faut aussi que cette discussion vive et animée ne devienne pas plus tard une gêne et une entrave pour la défense de la loi qui sort de nos délibérations." Ses fonctions l'amenèrent également, tout au long de l'Empire, à défendre devant les deux assemblées les projets du gouvernement. "Les questions d'affaires - nous dit Chesnelong - étaient son véritable élément. Il y apportait des aptitudes de premier ordre, un bon sens supérieur, une sagacité expérimentée, une netteté lucide qui faisait la lumière sur les sujets les plus complexes, un talent de vulgarisation et une élégance facile qui donnaient de l'attrait même aux matières d'une spécialité un peu aride. Il ne s'occupait de politique que contre son goût." Napoléon III l'appela au Sénat le 31 juillet 1869. Après l'Empire, il présida le conseil d'administration de la Compagnie du Paris-Lyon-Méditerranée. Il était membre de l'Académie dse Sciences morales et politiques depuis 1862.

Francis Choisel in Dictionnaire du second Empire, dir. J. Tulard., Fayard, 1995.