Joachim Murat par Disdéri. Collection Paul Frecker

Prince et altesse, général.
Né à Bordentown (Etats-Unis) le 21 juillet 1834, mort à Chambly le 23 octobre 1901.

Il est le fils aîné du prince Lucien Murat et de Caroline Frazer. Marié le 23 mars 1854 à Malcy Louise Caroline Frédérique Berthier de Wagram (1832-1889) et le 7 décembre 1894 à Lydia Harvey, veuve d'Arthur Hainguerlot, d'origine anglaise (1841-1901). Du premier mariage il eut 3 enfants : Eugénie (1855-1934) mariée le 19 juin 1887 à Joseph Caracciolo, 9ème prince Torella, Joachim Napoléon, 5ème prince Murat (1856-1932) marié le 10 mai 1884 à Marie Cécile Ney d'Elchingen, Anna Napoléone Caroline (1863-1940) mariée le 2 juin 1885 à Agénor Marie Adam comte Goluchowski.
Il était venu en France avec son père après la révolution de 1848. Dès l'âge de 18 ans il s'engagea au 3ème chasseurs d'Afrique. Il se distingua au cours de deux expéditions en Kabylie et d'une troisième dans le sud de la province de Constantine, sous le commandement du général Mac-Mahon ; sa brillante conduite lui valut les galons de maréchal des logis, la médaille militaire et le grade de sous-lieutenant. C'est alors qu'il passa au régiment des guides. Cousin de l'empereur Napoléon III, il fut désigné pour servir auprès du souverain en qualité d'officier d'ordonnance. En 1859, il participa avec le grade de capitaine à la guerre d'Italie. Il fut à Magenta et à Solferino. A la suite de cette campagne, le prince Murat devint colonel des guides. En novembre 1869, lorsque l'Impératrice se rendit à l'inauguration du canal de Suez, elle fut accompagnée d'une suite choisie et nombreuse dont faisait partie le colonel des guides.
Lorsque éclata la guerre de 1870 le prince Murat venait d'être nommé général, il prit part à la tête de sa brigade aux charges de Gravelotte et de Saint-Privat. Le 16 août, à Rezonville, il attaqua avec fougue la cavalerie prussienne. Sa brigade fut citée à l'ordre du jour de la division.
La chute du second Empire marqua la fin de la carrière du général prince Murat. Il ne put obtenir un commandement de son grade, ni sous les présidences de Thiers et de Mac-Mahon. Il fut un assidu de Chislehurst, lieu d'exil de Napoléon III. Ce fut lui qui, à la tête d'une délégation, reçut en rade de Spithead, à bord de l'Enchantress le cercueil du Prince impérial ; avec le Dr Scott il procéda à la reconnaissance du corps marqué de dix-huit blessures de sagaie.
Rayé des cadres par la loi du 22 juin 1886 il se pourvut devant le Conseil d'État qui lui donna gain de cause, il fut réintégré dans les cadres de l'armée et placé en tête de liste de la 2ème section des généraux de brigade.
Frappé par la maladie, éprouvé par le décès de sa seconde épouse, le général prince Murat décéda au château de Chambly. Il était commandeur de la Légion d'honneur, décoré des médailles militaire et d'Italie et titulaire de plusieurs ordres étrangers.

Article de Louis Bulit in Le Dictionnaire du second Empire, Fayard, 1995.