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Napoléon Victor Jérôme Frédéric, fils aîné du prince Napoléon (Jérôme), est né à Meudon le 18 juillet 1862. Il fréquentera d'abord comme externe l'institution Develay, simplement appelé "l'élève Victor".
Agé de huit ans en 1870, il va connaître l'exil et poursuivra ses études à Vevey où il est pensionnaire, puis en 1874, lorsqu'il sera rentré en France, au lycée de Vanves. En 1877, il passe au lycée Charlemagne et, sous la direction de Victor Duruy, obtiendra le grade de bachelier ès-sciences en 1881.
Son désir aurait été d'entrer à Saint-Cyr, mais son père s'y est opposé et, après un stage de six mois à l'université d'Heidelberg, il visite les principales villes d'Allemagne et sera de retour à Paris pour commencer, le 11 novembre 1882, comme simple canonnier, au 3ème régiment d'artillerie en garnison à Orléans, son volontariat.
L'appel d'un groupe important de jeunes bonapartistes, appuyés par d'anciens serviteurs de l'Empire, va, en 1884, séparer le prince Victor de son père devenu le prétendant impérial en 1879, et une scission se produira entre "jérômistes" et "victoriens".
Installé rue de Monceau, c'est là que le frappera la loi d'exil du 28 mai 1886 et il se retirera à Bruxelles, dans un bel hôtel de l'avenue Louise. Le 17 mars 1891, son père mort, le prince Victor devient le seul chef du parti bonapartiste. Dès l'année suivante, lors du centenaire de la proclamation de la première République, il rappelle par un manifeste l'origine démocratique de l'"appel au peuple".
Le prince va effectuer de nombreux voyages, en Hollande, en Allemagne, en Suède, en Autriche et en Russie où l'accueil du tsar Alexandre III sera particulièrement chaleureux.
De son mariage d'inclination, célébré à Moncalieri le 14 novembre 1910, avec la princesse Clémentine de Belgique, dernière fille du roi Léopold II, qu'il aime secrètement depuis dix ans, naîtront deux enfants : la princesse Marie-Clotilde le 20 mars 1912 et le prince Louis-Napoléon le 23 janvier 1914.
N'obtenant pas l'autorisation du gouvernement français de s'engager, c'est en Angleterre, accueilli à Farnborough par l'impératrice Eugénie, que le prince et sa famille vont passer les années de guerre. La paix revenue, il s'éteindra, prématurément, à Bruxelles, le 3 mai 1926.

Biographie de J.C. Lachnitt in Le Dictionnaire du Second Empire, Fayard, 1995.

Lien :

Conférence de Laetitia de Witt parue dans la Revue du Souvenir Napoléon

Bibliographie :

A. Martinet, Le Prince Victor Napoléon, 1895.
D. Paoli, Clémentine, princesse Napoléon, 1992.
L. de Witt, Le Prince Victor Napoléon. Fayard, 2007.