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A peine a-t-elle atteint 15 ans qu'elle est l'enjeu d'une combinaison politique évoquée à l'entrevue de Plombières entre Napoléon III et Cavour. Son union avec le prince Napoléon, cousin germain de l'Empereur, devient implicitement une condition nécessaire de l'accord qui doit unir la France et le Piémont d'où résulteront l'indépendance puis l'unité de l'Italie. Consultée par son père, la princesse accepte ce sacrifice pour son pays. Le mariage sera célébré à Turin le 30 janvier 1859 et les nouveaux époux seront reçus aux Tuileries par Napoléon III et l'impératrice Eugénie le 3 février.
Installée au Palais-Royal, et l'été au château de Meudon, la princesse dont la piété n'a cessé de s'affirmer, va consacrer son temps aux exercices religieux, à l'éducation de ses enfants, Victor né en 1862, Louis en 1864 et Marie-Laetitia en 1866, enfin à l'assistance aux pauvres et aux malades. Détestant la toilette et la représentation, elle assiste néanmoins, pour ne pas déplaire à son mari, aux cérémonies officielles et aux fêtes et réceptions de la cour dont, pourtant, la frivolité lui déplaît.
Après la chute de l'Empire, elle se retire d'abord à Prangins, mais la vie qu'elle entend mener désormais cadre de plus en plus mal avec celle du prince. Elle a fait profession dans le tiers ordre dominicain le 14 mai 1872. En accord avec son mari, l'éducation de ses enfants achevée, elle va se retirer en 1884 à Moncalieri, en Piémont, où jusqu'à sa mort elle s'appliquera à respecter les règles de la vie monastique. Dans la région, ses compatriotes, qu'elle édifie par sa piété et sa charité, l'appelleront la Santa. Elle mourra de l'influenza, en odeur de sainteté, le 25 juin 1911, et sera inhumée près de son mari à la Superga. Sa cause en béatification sera introduite en cour de Rome dans l'année 1940.

Article de J.C. Lachnitt in Le Dictionnaire du Second Empire, Fayard, 1995.

Bibliographie :

R.-P. Fanfani, Marie-Clotilde de Savoie, princesse Jérôme Napoléon, 1929.